Alors que la situation dans le secteur médical privé s’était assaini – les compagnies d’assurances étant revenues sur leur décision de réduire les honoraires de spécialistes dépendant du nombre de jours d’admission en clinique et des actes opératoires des patients et qu’un accord a été trouvé avec les spécialistes – cette fois, ce sont les médecins généralistes qui montent au créneau. Ils déplorent une politique de deux poids deux mesures des compagnies d’assurances qui privilégieraient le travail avec les spécialistes au détriment des médecins généralistes.
Selon les témoignages, les assurances ne s’acquittent désormais auprès des médecins généralistes que des paiements dus pour des admissions ne dépassant pas plus de cinq jours, et de trois jours si le cas est référé à un spécialiste. Politique qui provoque le mécontentement des généralistes, estimant être lésés et que les patients qui ne souhaitent pas l’avis médical d’un spécialiste, sont privés de leur droit constitutionnel.
La grogne s’accentue parmi les médecins généralistes privés qui se disent victimes du système mis en place par les assurances depuis la dernière polémique soulevée par les médecins spécialistes qui avait conduit à une révision de leur copie des assurances. A ce jour, disent-ils, ils ne perçoivent de paiement que pour des admissions de cinq jours, ce même si le traitement de leur patient requiert une hospitalisation plus prolongée. Si le patient nécessite l’avis d’un spécialiste, les généralistes ne perçoivent de paiement que pour les trois premiers jours  d’admission. Ce, alors que le spécialiste perçoit sa redevance pour toute la durée du traitement.
Cette nouvelle politique des assurances est contestée par les médecins généralistes qui s’estiment lésés dans la pratique de leur profession, d’autant que de nombreux cas d’admission en clinique requiert non seulement une hospitalisation de longue durée, mais pas nécessairement l’avis d’un spécialiste. De même, souligne le syndicat des médecins, la Private Medical Practionners Association (PMPA), certains patients refusent catégoriquement l’avis d’un spécialiste et ne veulent être traités – basé sur une question de confiance qu’ils font à leur médecin traitant – que par un généraliste. En cas d’insistance du patient d’être vu uniquement par un généraliste et que son traitement dépasse la limite imposée par les compagnies d’assurances, il revient alors au patient de s’acquitter des frais auprès du médecin, explique un médecin généraliste chevronné. « Cela est inacceptable », dit-il, ajoutant que lorsque le patient souscrit à une police d’assurance médicale, il lui revient de droit de réclamer le médecin qu’il souhaite. « Avec la nouvelle politique des compagnies d’assurances, les patients sont lésés de leur droit constitutionnel », disent les médecins généralistes.
Et de déplorer que suivant la dernière polémique relative aux paiements des frais des compagnies d’assurances aux médecins spécialistes, et la mise sur pied d’un panel de médecins pour traquer d’éventuels cas d’abus en termes de réclamations ou de contournement du mécanisme existant, seuls des spécialistes siègent sur ce panel. « C’est là où se situe le problème car nous médecins généralistes, notre voix ne peut se faire entendre », disent-ils. Souhaitant parvenir à un consensus sur la question, ils appellent les compagnies d’assurances à revoir leur copie. Contacté par Week-End hier, Delphine Ahnee-Randabel, présidente de l’Association de compagnies d’assurances de Maurice, laisse entendre que toute la question de redevances des médecins a été clarifiée il y a quelques mois. Affirmant ne pas être au courant de cette gronde des généralistes, elle indique qu’elle s’en enquerra dès le début de la semaine.