Réclamations exagérées du côté des médecins et nouveau barème, depuis décembre 2013, révisant à la baisse les honoraires pour certains spécialistes. C’étaient là les préoccupations respectives des assureurs et médecins du privé, qui se sont rencontrés hier. Les deux parties ont pu, « dans une ambiance décontractée », en discuter et parvenir à un consensus.
Au terme de la réunion d’hier, l’ancien scale of cost (barème fixé par les assureurs pour le coût des traitements) a été maintenu. Condition : qu’il n’y ait plus d’excès de la part de certains médecins. Pour s’assurer que tel ne sera plus le cas, un panel de médecins sera mis sur pied « pour établir d’éventuels cas d’abus en termes de réclamations ou de contournement du mécanisme existant », explique Delphine Ahnee-Radanbel, présidente de l’Association of Private Health Plans and Administrators. Par ailleurs, les modalités de remboursement des médecins, autre source de préoccupation du côté de ces derniers, sera abordée avec les assureurs lors d’une prochaine réunion.
« Nous avons eu une réunion très fructueuse où les deux parties ont pu élaborer les raisons qui avaient nécessité des amendements. Ce qui est très positif, c’est que nous sommes arrivés à un consensus », explique Delphine Ahnee-Radanbel. Les compagnies d’assurance sont ainsi revenues sur leur position et ont accepté de retourner à l’ancien barème. Assureurs et médecins ont convenu de la mise sur pied d’un système d’autorégulation qui aura pour fonction de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’exagération du côté des médecins. Ce panel, selon le Dr Zouberr Joomaye, aidera « à prévenir les dérapages concernant les durées d’hospitalisation. Tout en ne compromettant pas la qualité des soins, nous allons optimiser les traitements afin que le séjour du patient en clinique ne soit pas prolongé ».
Mme Radanbel souligne que c’est précisément cette question d’« abus » qui avait conduit les assureurs à revoir à la baisse les honoraires pour certains médecins et à établir un nouveau scale of cost en décembre 2013.
S’ils étaient 94 spécialistes à avoir signé une lettre commune à l’association des assureurs pour dire qu’ils n’accepteraient plus les cartes des assurés, la présidente de l’Association of Private Health Plans and Administrators soutient, de son côté, qu’« ils n’étaient qu’une très petite minorité qui allait tenir les patients en otage en refusant les cartes des assurés. La grosse majorité sont bien plus en faveur d’un dialogue plutôt que de pénaliser les clients. On est très satisfait de cette réunion car la grosse majorité sont en faveur du dialogue ».
Le panel de médecins sera mis sur pied en collaboration avec l’Association of Private Health Plans and Administrators. « Des exercices de travail auront lieu pour la mise en place de ce mécanisme. Des médecins seront nommés d’un commun accord en termes de compétence, d’années d’expérience et de crédibilité ».
S’agissant des cas où, comme évoqués par des assureurs, des médecins pouvaient, pour un traitement s’élevant à Rs 5 000, réclamer dix fois plus, le Dr Joomaye estime que « c’est de la démagogie parce que les assureurs payent selon un barème. Il ne faut pas confondre les honoraires que réclame un médecin et le barème fixé par l’assureur ».
Par ailleurs, certains médecins avaient déploré le retard dans le remboursement lorsque les patients présentaient leur carte au lieu de les payer directement. Un retard qui, selon certains, s’étendait parfois à deux ans. Le Dr Joomaye indique que « maintenant que le différend concernant le scale of cost est réglé, nous discuterons des modalités de remboursement lors de nos prochaines réunions ».