“Quand je sors le soir, mon premier réflexe est de lever la tête. Le ciel a une signification lorsqu’il est dégagé. Tout comme certaines personnes regardent les belles voitures lorsqu’elles marchent dans la rue, nous on contemple le ciel. C’est quelque chose de beaucoup plus métaphysique et de plus profond. Le ciel, soudain, devient quelque chose d’extrêmement vaste et vertigineux et on réalise à quel point nous sommes petits…” Pour Ricaud Auckbur, l’astronomie est non seulement la plus belle des sciences, mais aussi un loisir. Un loisir passionnant, et éducatif à plus d’un titre. “J’observe le ciel aujourd’hui, après 30 ans d’astronomie, avec beaucoup de philosophie. C’est une science qui nous fait réaliser à quel point l’être humain n’est rien du tout comparé à l’immensité du ciel…”
L’astronomie, poursuit-il, permet de découvrir des choses très belles, surtout lorsqu’un événement est rare. “J’éprouve beaucoup de plaisir à l’observation routinière du ciel, la magie ne vient pas qu’avec un phénomène rare”, dit-il. Il explique qu’il existe deux types d’observations : l’observation routinière du ciel – qui consiste à observer, à l’oeil nu ou avec un télescope ou des jumelles les étoiles, la lune, les planètes, etc. – et l’observation spéciale, qui consiste à observer un phénomène astronomique particulier, comme une éclipse, le passage d’une comète, des pluies d’étoiles filantes, entre autres.
Ce passionné des astres ne se lasse pas de parler longuement sur les étoiles et les constellations. “Apprendre les constellations est à la portée de tous. Cela requiert, il est vrai, un certain effort, comme pour apprendre une leçon par coeur. Mais il n’y a là rien d’insurmontable, et la récompense est belle.” La base de toute observation amateur est, selon le président de la MAS, d’avoir une carte du ciel, facilement téléchargeable en ligne. Pour l’observateur régulier, une fois qu’il a compris la structure du ciel, cela devient un exercice quotidien facile. Pour se lancer, il y a trois étapes simples à suivre : 1) identifier la forme de chaque constellation, ce qui est ludique et facile ; 2) apprendre cette forme. Quelques efforts sont requis pour franchir cette étape importante et ; 3) localiser la constellation par rapport à ses voisines. Une remarque préliminaire importante : aucune chance d’apercevoir les constellations de l’hémisphère Nord à Maurice, à moins de s’y rendre !
Pour Ricaud Auckbur, “l’astronomie est gratuite et très accessible à tous. Il suffit de lever les yeux au ciel. Même pas nécessaire de s’acheter un télescope. En effet, le ciel est aujourd’hui un monde accessible littéralement au bout des doigts.” Les outils technologiques permettent un apprentissage du ciel beaucoup plus facile. Il existe des logiciels de planétarium pour ordinateur portable comme pour nmartphones, notamment Google Sky et Stellarium, ou encore SkyGazer 4.5, entre autres. De nombreux sites Internet sont des guides pour comprendre le ciel. Ricaud Auckbur propose un site qui permet notamment de connaître les dates des prochains phénomènes astronomiques : heavensabove.com.
 
Astres du système solaire
Que peut-on voir dans le ciel ? Sans aucun instrument particulier, on peut voir, outre la Lune et le Soleil : les planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. La seule difficulté pour le débutant consiste à les repérer sans les confondre avec les étoiles. Leur éloignement les fait apparaître ponctuelles tout comme les étoiles. Un instrument d’optique révèlera des détails tels que les cratères et les montagnes sur la Lune, l’aspect sphérique des planètes, les anneaux de Saturne, entre autres. Certaines comètes peuvent également être observées à l’aide d’une simple paire de jumelles, voire à l’oeil nu pour les plus brillantes.
Étoiles et constellations
Il existe environ deux milliards d’étoiles dans la galaxie, selon Ricaud Auckbur. Environ 6 000 étoiles au total, soit 2 000 à 3 000 étoiles à un instant et en un lieu donnés, sont visibles à l’oeil nu. Ce nombre est lié à la sensibilité de l’oeil humain et suppose une bonne qualité de ciel (pas de pollution lumineuse). En ville, il tombe à quelques dizaines. Avec un télescope, les étoiles visibles se comptent en millions du fait de sa capacité à collecter de la lumière. Par ailleurs, dans le ciel, la Voie Lactée désigne une concentration d’étoiles appartenant à notre galaxie, indiscernables les unes des autres et formant une pâle traînée blanche. Par extension, cette traînée blanche a donné son nom à toute notre galaxie. Toutes les étoiles visibles à l’oeil nu en font partie. À l’oeil nu, il est également possible d’apercevoir des galaxies extérieures à la Voie Lactée telles que les petites galaxies satellites de la nôtre (visibles seulement depuis l’hémisphère Sud)
Une constellation est une figure imaginaire formée par les étoiles. Autrefois, les constellations servaient surtout aux marins pour se repérer. De nos jours, elles servent essentiellement à être observées et à identifier les planètes et étoiles. 88 constellations ont été officiellement répertoriées et permettent de désigner n’importe quelle région du ciel. Une carte du ciel permet de les repérer dans le ciel réel. Une telle carte n’a pas besoin d’être particulièrement récente pour permettre le repérage des étoiles et constellations. Certaines cartes du ciel, dites “cartes tournantes” ou “cartes mobiles”, permettent, en pivotant sous un cache ajouré, de visualiser le ciel visible à une heure et à une date données, compte tenu des mouvements de la Terre. Cela facilite l’identification des astres visibles dans le ciel réel et permet de prévoir la visibilité d’une constellation.