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L’objectif principal est de savoir faire un choix des pesticides utilisés

Une étude effectuée par la Chambre d’Agriculture en collaboration avec le Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI) en 2015 a démontré une agriculture d’opportunisme par les producteurs à optimiser leur parcelle de terrain. Suite à cette étude, le projet de Smart Agriculture a été mis en place pour créer de nouveaux systèmes de culture viable.

« Le projet de Smart Agriculture répond à trois problématiques locales qui sont d’offrir des produits sains, de promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement et de relancer l’agriculture vivrière comme secteur économique », souligne Leo Tumoine, Project Coordinator à la Chambre d’Agriculture. C’était lors de sa présentation sur le thème “Accompagner la transition agroécologique mauricienne” pour la première édition de l’Agricutural Science Exchange Forum, organisé par le FAREI sur les défis et les stratégies à adopter pour consolider le secteur agricole à Maurice.

Le but est d’accompagner les planteurs pour une transition agricole, plus précisément, l’agriculture raisonnée. Étant donné la grande utilisation de pesticides par les planteurs, l’objectif de la Smart Agriculture est de savoir faire un choix des pesticides utilisés. À ce sujet, il estime qu’il est « fort important » que les vendeurs et agriculteurs aient une formation minimum obligatoire.

De ce fait, ils seront mieux informés sur l’utilisation réfléchie selon les bioagresseurs et les conditions pédologiques et environnementales. Pour réduire l’utilisation des pesticides et leur impact, l’utilisation de techniques alternatives telles le “Push-pull”, le piégeage de masse, la substitution chimique, les barrières physiques, les faux semis et le désherbage physique sont proposés.

Toutefois, pour ce Project Coordinator, la Smart Agriculture demande une « bonne santé du sol ». La fertilisation minérale doit être adaptée et la fertilisation organique doit être fondée sur des engrais verts et le compostage. L’eau doit être utilisée de façon « optimum » et il est aussi crucial de pratiquer une rotation cohérente et de faire un choix d’assolement adapté. Pour lui, il faut savoir gérer l’enherbement.

La Smart Agriculture permet d’assurer une « résilience » face au changement climatique et « limite les impacts de l’agriculture sur l’environnement et la santé ». Selon l’étude menée par la Chambre d’Agriculture en 2015, il y a 300 agriculteurs, petits et moyens, répartis dans quatre coins du pays. De ce nombre, 93 planteurs sont spécialisés dans la culture de to mates et de cucurbitacées. Ils sont 86 planteurs qui ne cultivent que des oignons et 73 qui sont spécialisés dans la culture de légumes fins et de crucifères. La culture de pommes de terre se fait par 46 planteurs. Cette étude a aussi démontré que plus de 60 substances actives sont utilisées dans la culture, soit 11 herbicides.

L’étude révèle de plus que 46% des plantes sont arrosées d’herbicides et que 23 produits fongicides sont utilisés. Pour protéger les plantes des insecticides, 29 variétés en sont utilisées. « Dans certains cas, l’utilisation de substances actives interdites se fait depuis plusieurs années », note le Project Coordinator. Et certaines substances actives utilisées n’ont pas obtenu l’autorisation d’importation suite à la Dangerous Control Chemical Act.

Parlant de l’usage des pesticides, Léo Tumoine soutient que les traitements préventifs sont à 90% et qu’il existe une « faible » alternance entre les produits utilisés par les planteurs. L’étude fait ressortir une utilisation d’herbicides, de fongicides et d’insecticides créant ainsi des cocktails pour « tout prévenir avec une seule application ». Par ailleurs, dit-on, le dosage est « imprécis » et l’on note que les planteurs « n’ont pas d’équipements de protection ».