Le haut-commissaire indien à Maurice estime que « Maurice doit créer la perception d’être un partenaire stratégique idéal pour l’Inde ». Shri Seetharam intervenait hier à l’hôtel Le Labourdonnais à Port-Louis à un colloque ayant pour thème « Credible India – a Business Partner ». Les discussions étaient axées sur l’infrastructure, les services et le secteur manufacturier.
Une centaine d’hommes et de femmes d’affaires locaux et indiens ont assisté hier au colloque « Credible India – a Business Partner ». Shri Seetharam, le haut-commissaire indien à Maurice, a profité de l’occasion pour rappeler le protocole de partenariat adopté par Maurice : promouvoir la « passerelle vers l’Afrique ». Il a toutefois constaté certaines failles dans la stratégie de communication.
« De l’Inde, nous ne pouvons savoir combien d’ambassades mauriciennes opèrent en Afrique », a déclaré Shri Seetharam. Et d’ajouter : « Il est vrai que les ambassades ne sont pas essentielles au business. Il n’en reste cependant pas moins que Maurice doit travailler sur cette perception… Les sociétés indiennes n’ont pas forcément besoin de Maurice pour accéder à l’Afrique. »
Un point qui a d’ailleurs été abordé par le président d’Enterprise Mauritius. « Il est vrai que les grandes multinationales indiennes n’ont pas besoin de Maurice… Mais Maurice, par la qualité de ses infrastructures, pourrait satisfaire nombre de moyennes entreprises », a expliqué Amédée Darga.
Des propos rejoignant les observations du directeur de la CIM Vaughan Heberden. « Comme rapporté par l’International Monetary Fund, l’Inde reste encore inflexible dans son cadre infrastructurel, ce qui explique le retard de la Grande péninsule par rapport à la Chine. Elle compte 1 % des exportations planétaires alors que la Chine est à 7 % », explique-t-il. Un pays comme Maurice pourrait ainsi contribuer à réduire cet écart.
Shri Seetharam a par ailleurs brossé le portrait économique de l’Inde. « C’est un retail market à hauteur de USD 460 milliards, un taux de croissance de 7,6 % », a expliqué le haut-commissaire indien. Il n’a toutefois pas manqué d’évoquer l’aspect rigide de la législation en Inde, notamment le traitement des investisseurs étrangers. « Vous ne serez pas mieux traités qu’un businessman indien. » Pas de taux préférentiels ni de hub strategy à la mauricienne donc.
Saleem Beebeejaun, directeur de la British American Insurance (BAI), a alors soutenu que l’Inde « devrait nous traiter comme nous traitons ses businessmen ». Une franchise qui a été saluée par le haut-commissaire indien à la fin de son discours.
Amédée Darga a pour sa part soulevé un point jugé « pertinent » dans son intervention. « Aux entrepreneurs mauriciens de ne plus se reposer essentiellement sur les accords préférentiels, nous devons pouvoir oser même en l’absence de tels partenariats… Les opportunités existent, à nous de les identifier », a lancé le président d’Enterprise Mauritius.
À Saleem Beebeejaun de toutefois émettre des réserves quant à cette observation. « Là n’est pas la question… Soyons réalistes : des accords sont nécessaires à la trading balance », a soutenu le directeur de la BAI. Étant déjà parti, M. Darga n’a pas eu l’occasion de réagir.
Sridhar Nagarajan, directeur exécutif de la Standard Chartered Bank, a quant à lui soutenu que « contrairement à la Chine, l’Inde est un pays tourné, à hauteur de 58 % de son PIB, vers les services… Un filon à exploiter pour Maurice ». Consolider le « service-wise economic partnership » serait donc essentiel.
Shri Seetharam a conclu son intervention sur la perception de Maurice en Inde. « Changing perception is a long-term process », a déclaré le haut-commissaire indien.