Le dialogue social dans les relations industrielles a encore toute sa pertinence. Bien que cette pratique a produit des résultats et des dénouements positifs, certaines entreprises mauriciennes seraient cependant allergiques aux négociations avec les syndicalistes ou groupements de travailleurs, a affirmé le ministre Shakeel Mohamed dans le cadre de la tenue d’un atelier de travail tripartite sur le dialogue social à l’hôtel Gold Crest, Quatre-Bornes.
« Le dialogue social ne fonctionne pas dans un contexte où il y a un manque de communication et de confiance. » Déclaration de Shakeel Mohamed qui procédait ce matin à l’ouverture d’un atelier de travail tripartite sur la promotion du dialogue social de trois jours, ayant pour principal intervenant Hezron Njuguna, Senior Specialiste Employer’s Activities de l’international Labour Organisation (ILO). Selon le ministre du Travail, le dialogue social a toute son importance pour que le travailleur obtienne satisfaction et que l’employeur puisse atteindre la productivité avec, pour résultat final, que le pays progresse. Mais dans la réalité mauricienne, certaines entreprises sont « allergiques » aux organisations représentatives où il existe des situations où les deux parties, c’est-à-dire les employés/syndicalistes et les employeurs, adoptent une attitude de confrontation.
« Les négociations devraient être accueillies et permises par les employeurs. Et ces derniers ne devraient pas faire les difficiles pour accorder la reconnaissance syndicale. Dans l’absence d’un syndicat, le moins que puisse faire l’employeur est de mettre sur pieds un groupe de travailleurs pour négocier des conditions salariales, voire sur la manière d’améliorer les conditions de travail, ce qui aura pour résultat une meilleure productivité de l’entreprise. Mais, malheureusement, à Maurice, nous constatons souvent des situations de confrontations : des employeurs sont devenus bons à user des “delaying tactils” et à utiliser la loi à leur avantage », a déclaré Shakeel Mohamed. Et de poursuivre : « D’un côté, nous avons les syndicalistes, qui ont un problème avec l’attitude des employeurs, et de l’autre, des employeurs qui pensent que les syndicalistes en demandent trop. » Au final, affirme le ministre, c’est le pays qui est perdant, ne pouvant progresser et atteindre le succès. D’où l’objectif de cet atelier de travail afin de trouver des solutions pressantes pour promouvoir le dialogue social.