L’African Media Initiative, en collaboration avec l’Unesco, organise depuis hier un atelier de travail à l’intention des responsables des médias. Le but est de susciter un nouveau leadership en matière de culture d’éthique dans la profession, ainsi que l’élaboration d’un cadre de référence pour que les prises de décisions soient guidées par la transparence, la bonne gouvernance et l’imputabilité. Cet atelier coïncide avec l’observation de la Journée internationale de la Liberté de la presse, ce 3 mai.
Pour Amadou Mahtar Ba, PDG de l’African Media Initiative (AMI), la tenue de cet atelier à Maurice est une manière de démontrer que les îles de l’océan Indien font partie intégrante du continent africain. Des délégués de plusieurs îles de la région participent d’ailleurs à cet événement, qui veut jeter les bases pour une meilleure collaboration régionale dans la profession. Amadou Mahtar Ba a dit son appréciation de compter l’universitaire mauricienne Roukaya Kasenally parmi les collaborateurs d’AMI. « Nous avons pu constater, à travers elle, le professionnalisme qui existe dans cette partie du continent. Nous voulons que les îles de l’océan Indien fassent partie de ce mouvement pour une meilleure société. »
Ce dernier a rappelé que, lors de la mise sur pied de l’organisation, une étude avait été réalisée pour voir quelles sont les difficultés rencontrées par les médias aujourd’hui. « Mises à part les contraintes liées à l’environnement où elles évoluent, nous avons aussi constaté qu’il y avait un problème d’éthique et de bonne gouvernance dans les médias qu’il fallait améliorer. » Toutefois, a-t-il souligné, « cela ne doit pas servir d’excuses à ceux qui portent atteinte à la liberté de la presse ». C’est pour cela, a-t-il ajouté, qu’il « est important que les patrons des médias déterminent eux-mêmes des standards » sur lesquels s’appuyer. « Les seuls à qui nous devons rendre des comptes, ce sont nos lecteurs, nos auditeurs… »
Dans le même souffle, Amadou Mahtar Ba s’est attardé sur les 20 ans du génocide du Rwanda et du rôle de la presse. « C’est un rôle dont nous ne sommes pas très fiers. C’est pour cela qu’il nous faut réaliser la puissance des médias comme une force constructive, mais aussi destructive. »
La représentante de l’Unesco a quant à elle lu le discours du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale de la Liberté de la presse. Ce dernier a rappelé, entre autres, l’importance des médias libres et indépendants. Il a aussi souligné que la bonne gouvernance existe seulement quand « les journalistes sont libres de critiquer les politiques, d’enquêter et qu’il n’y a pas d’atteintes aux droits humains ».
AMI est une organisation panafricaine qui vise à donner aux responsable des médias les outils nécessaires pour jouer leurs rôles dans la société. Le quartier général se trouve à Nairobi, Kenya.