Dans le cadre de l’exposition Renaissance, deux ateliers de gravure sont organisés à l’IFM. Ce samedi 22 octobre, l’atelier était réservé aux adultes, et le samedi 29 octobre, il sera consacré aux enfants. Krishna Luchoomun et Nirmala Luckeenarain en sont les deux animateurs.
Une vingtaine d’élèves est réunie autour d’une table, sous la houlette de Nirmala Luckeenarain. Pendant ce temps, Krishna Luchoomun s’affaire à rassembler les derniers matériaux nécessaires à l’atelier.
La table est jonchée de papier journal, mais pas question de la tacher avec l’encre ! “Nous utiliserons l’encre pour cet atelier. Il s’agit de la technique de base de la gravure, la plus élémentaire, que tous les débutants doivent connaître avant d’aller plus loin dans ce domaine”, explique Nirmala Luckeenarain. Propos confirmés par Krishna Luchoomun : “C’est une introduction à la gravure, une technique sans presse, que les participants pourront reproduire à la maison par la suite.”
Esquisse
Mais justement, comment fait-on de la gravure ? Nos deux animateurs envoient les élèves chercher leurs inspirations : feuilles d’arbres, morceaux de bois… En somme, tout matériau trouvé dans la nature et qui leur plaît. “Ils peuvent aussi passer par l’exposition Renaissance et s’en inspirer pour créer quelque chose” ajoute Krishna. Le but de l’opération : trouver le thème de leurs gravures. Ils vont devoir d’abord dessiner un croquis, sur une feuille de papier. “C’est une simple esquisse. Il n’y a pas de thème imposé”, souligne Nirmala Luckeenarain.
Une fois l’esquisse terminée, les élèves doivent la transférer sur un carton plus épais. Le plus couramment utilisé est la marie-louise, utilisée pour fabriquer des tableaux et des cadres à photos, car il est très solide et facile à travailler. “Lorsque l’on transfère l’esquisse sur le carton, il faut réaliser que le dessin est alors à l’envers !”, précise la Senior Lecturer de l’Université de Maurice. “Il est également possible de travailler sur un morceau de lino, ou sur une petite planche de bois.”
Gouge
Dépendant du matériel utilisé, il s’agit maintenant de graver le dessin. Avant tout, il faut que le dessin soit creusé. “Sur le carton, un simple stylo suffit, en appuyant très fort”, précise Nirmala. “En revanche, sur le bois ou le lino, le stylo ne laissera pas un sillon suffisant. Il faut employer un autre outil : la gouge.” Ressemblant à un burin ou à un petit ciseau à bois, cet outil de petite taille présente la caractéristique d’avoir un tranchant arrondi. À l’aide de la gouge, les élèves finalisent leur plaque, appelée matrice dans le langage de la gravure.
Maintenant que la plaquette est prête, ils peuvent verser de l’encre sur une plaque en verre, et y tremper un rouleau, avant de le passer sur la matrice. “On recouvre entièrement le dessin”, précise Nirmala Luckeenarain. Il ne reste plus qu’à poser une feuille de papier sur la plaque, puis s’armer d’une… cuillère en bois ! En effet, pour le frottage, la cuillère en bois est parfaitement adaptée : la solidité du bois est associée à l’arrondi de la cuillère. Les élèves frottent leur papier de gauche à droite, puis de droite à gauche, et vérifient ensuite que tout a été gravé. Il ne leur reste plus qu’à laisser sécher !