On attendait un doublé malgache au marathon, dernière épreuve au programme des Jeux, mais le Réunionnais François Lebon est venu déjouer les pronostics en masculin. Chez les dames, par contre, la Malgache Clarisse Rasoarizafy n’a pas commis d’erreur en l’emportant détachée. Du côté mauricien, Antoinette Milazar a décroché le bronze en féminin tandis qu’en masculin Judex Durhône a dû se contenter de la cinquième place, alors que Jean-Luc Vilbrim a été contraint à l’abandon.
La médaille de François Lebon vaut son pesant d’or, car elle permet à La Réunion de se détacher au classement avec 58 médailles d’or contre 57 aux Seychelles. « Si c’est moi qui offre la victoire à La Réunion dans ces Jeux, je suis doublement content », s’exclamait Lebon peu après l’arrivée au Stad Popiler. Les conditions étaient extrêmement difficiles. Le parcours comprenait des montées, la chaleur était étouffante et le soleil implacable.
Revenant sur la course, Lebon dira qu’il n’a pas paniqué lorsque les Malgaches ont pris les choses à leur compte. « Quand les Malgaches ont mis du rythme devant, moi, j’ai préféré y aller au train, lentement. J’ai fait ma petite course au fur et à mesure, mais j’ai dû batailler dur jusqu’au bout. J’ai toujours gardé confiance en moi. Le stage que j’ai effectué à Madagascar en compagnie de Jean-Louis Prianon m’a énormément aidé », confie-t-il.
Ce dernier affirme que cette victoire est la plus belle de sa carrière. « À 38 ans, remporter l’or aux Jeux, c’est fantastique, et il s’agit sans conteste de ma plus belle victoire. Je dois remercier le public réunionnais qui me soutient. Maintenant, je vais prendre des vacances pour savourer cette victoire, qui m’a demandé beaucoup de sacrifices », ajoute-t-il.
Le Mauricien Judex Durhône était lui très déçu à l’arrivée. Il s’était préparé avec l’objectif de monter sur le podium, et au final, il doit se contenter d’une modeste cinquième place, dans un temps très moyen. « La course était vraiment très dure. À un moment, je ne savais même plus quelle tactique employer. J’ai essayé de suivre derrière pendant la première partie, avec l’espoir de tenter quelque chose sur le retour. Mais cela n’a pas été possible parce que les conditions étaient difficiles. La chaleur était insupportable. Je suis déçu parce que j’étais venu avec l’intention de monter sur le podium », confie-t-il.
Pour la petite histoire, Judex Durhône avait été médaillé de bronze aux Jeux de 1998 à La Réunion, dans le temps de 2h26. Le coureur espère effacer sa déception des Jeux seychellois en septembre prochain, au semi-marathon de Diego Suarez à Madagascar.
Chez les dames, Clarisse Rasoarizafy a remporté pour la troisième fois de suite le marathon aux JIOI. Pour la première fois depuis 1993, elle a remporté trois médailles d’or, car à Mahé elle a aussi été sacrée aux 5 000 m et 10 000 m.
« J’étais venue avec l’intention de gagner le marathon, quoique je craignais ma compatriote. Ce sont mes meilleurs Jeux car pour la toute première fois j’ai remporté trois médailles d’or. Cela me fera un très bon souvenir, car il est fort possible que ce soit mes derniers Jeux », déclarait-elle à l’issue de son succès.
Antoinette Milazar est, elle, allée au bout d’elle-même pour compléter le podium et rapporter à l’équipe de Maurice sa dernière médaille de ces 8es Jeux. Elle s’est littéralement écroulée après avoir passé la ligne d’arrivée et n’a même pas pu aller récupérer sa médaille lors de la cérémonie protocolaire. C’est sa camarade de sélection Love Macchabée qui l’a reçue à sa place.