Suivant une récente réunion-bilan sur les résultats dont les huit médailles d’or qu’ont récoltées en août dernier les athlètes mauriciens aux 8es Jeux des îles à Mahé, le secrétaire général de l’Association mauricienne d’athlétisme (AMA), Vivian Gungaram, avait déclaré dans la presse qu’il n’existe pas à Maurice d’environnement favorisant la pratique du haut niveau et pas d’entraîneurs de calibre non plus. Il s’était aussi montré virulent envers l’État à qui il reprochait de n’avoir pas joué le jeu tout en épargnant les sponsors. Deux déclarations qui nous ont interpellés et qui méritent d’être réexaminées avec lui de manière objective en perspective des Jeux de 2015 à La Réunion et de l’avenir même de l’athlétisme mauricien.
Samedi dernier encore, lors d’un rassemblement couplé du lancement de nouveau centre régional d’athlétisme de Flacq au stade Auguste-Vollaire, Vivian Gungaram a réitéré les mêmes convictions tout en se montrant moins virulent envers l’État. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, était présent.
« Je n’ai pas tiré à boulets rouges sur l’État. Je n’ai fait que dire la vérité », affirme notre interlocuteur. « Et je maintiens toujours que nous n’avons pas à Maurice l’environnement pour le haut niveau ni les entraîneurs de haut niveau. »
Mais comment explique-t-il cela quand il est lui-même le directeur du Centre international d’athlétisme de Maurice (Ciam), qui s’est établi à Réduit depuis plus de dix ans et qui a produit au moins une médaillée de bronze à l’heptathlon aux championnats du monde d’Helsinki en 2005 ?
« Je veux dire par là que hors du Ciam, les athlètes ne bénéficient pas du soutien adéquat en termes d’expertise technique, d’alimentation et de suivi médical, entre autres, pour être tout aussi performants. Il revient à l’État de redéfinir sa politique sportive du haut niveau et prendre en conséquence une décision. Car le haut niveau n’est certainement pas le TFES, ni la HLSU et les fédérations sportives. C’est un ensemble de choses dont il faut impérativement disposer pour rivaliser avec les grandes nations mondiales. Il faut une commission de haut niveau. Ici, et contrairement à certains pays phares, nous n’avons pas d’Institut de Sport qui est la filière normale et qui permet aux sportifs et aux coaches de se mettre au service du sport une fois formés. C’est à l’État de décider de cela. Si nous perdons un grand nombre d’entraîneurs que nous formons chaque année, c’est parce que ces derniers vont chercher ailleurs ce que nous ne sommes pas en mesure de leur offrir s’ils restent ici. Ils préfèrent être responsables d’éducation physique au niveau scolaire ou dans des gymnases privés. Car si on les placent dans des comités et clubs régionaux, il faudra les payer. Mais nous ne pouvons le faire. »