Tout est fin prêt pour que les athlètes mauriciens se présentent au mieux de leur forme aux Jeux du Commonwealth, qui se tiennent du 23 courant au 3 août à Glasgow. Les derniers réglages ont été effectués au cours des championnats de Maurice les 28-29 juin et les dix athlètes sélectionnés n’attendent plus que la compétition (27 juillet-2 août) pour côtoyer les meilleures nations du Commonwealth, celles-ci venant notamment du Royaume-Uni, du Kenya, du Canada, de la Jamaïque, de la Nouvelle-Zélande ou de l’Australie.
Que du lourd et rien d’autre pour les représentants mauriciens, fait bien de rappeler le président de l’Association mauricienne d’athlétisme (AMA), Vivian Gungaram. « Ne l’oublions pas, les Jeux du Commonwealth se positionnent juste derrière les Jeux Olympiques et les championnats du monde. Donc, c’est du très haut niveau. Il n’y a pas à sortir de là. Mais on espère quand même passer un tour en sprint et être parmi les douze meilleurs en finale des lancers. Au décathlon également la performance devrait être au rendez-vous si toutes les conditions sont réunies », avoue-t-il.
Depuis le retrait des stars locales du circuit mondial, il faut bien reconnaître que l’athlétisme mauricien peine à y retrouver sa place. Après l’épisode de Melbourne 2006 où Stephan Buckland, alors encore au sommet, s’était incliné d’un millième de seconde en finale du 200, le Jamaïcain Omar Brown lui soufflant l’or dans le temps ex aequo 20″47 et la médaille de bronze que frôla le quatuor masculin (Fabrice Coiffic, Fernando Augustin, Stephan Buckland, Ommanandsing Kowlessur) en finale du 4×100 m en 39″37, l’édition tenue quatre ans plus tard à New Delhi avait été de part et d’autre une grande désillusion et un passage à vide. Aucune médaille de consolation et pas la moindre place de finaliste au plan individuel, sinon une pénible élimination aux 1er tour du relais 4×100 m et 4×400 m hommes sans parler de deux disqualifications pour cause de faux départ en sprint.
Mais après, il y a eu les 8es Jeux des îles 2011 à Mahé qui ont servi un tant soit peu de point de départ à la relance. Quatre ans après, il s’agit donc de voir où en sont les faits. D’autant qu’on estime que, « comparativement à Delhi, les athlètes ont dans l’ensemble un meilleur niveau car ils ont amélioré leurs performances et sont pour la plupart des jeunes. Ça nous donne de l’espoir dans l’avenir », remarque le président de l’AMA.
En réalité, la plupart de ceux qui font le déplacement à Glasgow s’en serviront comme tremplin idéal vers les championnats d’Afrique qu’ils devront enchaîner du 10 au 14 août à Marrakech au Maroc, ajoute l’entraîneur national des lancers Joël Sévère. Réaliste, il préfère dire que l’objectif à Glasgow se situera essentiellement au niveau des performances.
« Ils y vont pour battre leur meilleure marque. Le podium, il faut l’oublier face à des athlètes de niveau mondial. Mais ils aborderont cette échéance quand même bien préparés. Depuis 2002, 2006, 2010, j’ai vu défilé toute une génération d’athlètes les une plus talentueuses que les autres. Mais après 2010, il y a eu un renouvellement de l’équipe. Ceux qui partent à Glasgow sont les meilleurs du moment. Seuls deux d’entre eux étaient présents à Delhi (ndlr : Annabelle Lascar et Guillaume Thierry). Il faut être réaliste et rester modeste face à des athlètes de niveau mondial. »
Le marathonien Jean-Luc Vilbrim sera le premier Mauricien à descendre dans l’arène le 27 juillet dans l’épreuve du marathon. Il débarquera tout droit de Nancy (France) où il est en stage de préparation depuis le 23 juin. Les autres membres de la sélection sont Elvino Pierre-Louis (disque), Jessika Rosun (javelot), les seuls avec Vilbrim à avoir réalisé les minima imposés, Jonathan Permal (100/200 m), Jonathan Drack (triple saut), Guillaume Thierry (décathlon), Sylvain Pierre-Louis (poids), Annabelle Lascar (800 m), Aurélie Alcindo (400 m) et Joanilla Janvier (100/200 m).
Claude Duval, trésorier de l’AMA, aussi bien que Joël Sévère et Daniel André (entraîneurs) accompagnent l’équipe. Une partie de la délégation s’envolera le 19 courant et l’autre le lendemain.