On attendait Jean-Luc Vilbrim, mais c’est Kevin Narain qui s’est distingué hier à Beau Vallon en remportant en solitaire les 25 km Alpen King Savers. Le coureurs de route Bassin, Quatre-Bornes, a survolé le parcours en s’imposant en 1h32’57 devant Jean-Paul Trippier et Nitesh Soodun. La course féminine est revenue à la vétérane Nadine Citta, qui réalise 2h05’02 contre 2h10’14 à Sabrina Keishler, première senior.
Kevin Narain, 29 ans, s’était distingué en enlevant la 2e étape de la ligue de cross à Médine et avait terminé 4e au général lors des championnats nationaux à Candos. Mais hier, il est venu démontrer qu’il pouvait aussi alterner sur la route. Après un round d’observation effectué sur le premier tour du circuit (Beau Vallon — Blue-Bay — Pointe Jérôme — Beau Vallon), il a déposé Jean-Paul Trippier pour s’envoler seul vers la victoire. C’était sa première tentative et il avoue qu’il n’avait vraiment aucune idée comment il allait l’aborder.
« Mon entraîneur Karl Paul, que je remercie en passant, a dû me secouer pour me motiver à y aller à fond et jusqu’au bout. Je me suis donc accroché à Trippier, qui est aussi solide, avant de faire la différence. J’avais de bonnes sensations. C’est une course dure, mais bonne. Rendez-vous le 22 juin avec le marathon. D’ici là, je vais continuer à m’entraîner dur pour pouvoir le terminer », dira-t-il. Narain a raflé la prime de Rs 3 000 de bon d’achat offert par le supermarché King Savers.
Si Jean-Paul Trippier (Rs 1 500) et Nitesh Soondun (Rs 1 000) ont complété le podium, le plus courageux d’entre tous ceux qui ont bouclé leur course est sans doute le tenant du titre (1h33’54), Christophe Maréna, 32 ans. Victime d’un accident de moto à Riche-Terre deux jours seulement après sa 8e place dans la première manche de ligue de cross le 31 janvier dernier à Les Casernes Curepipe, il avait sombré pendant trois jours dans le coma est a passé sept jours à l’hôpital. Il raconte.
Maréna le plus courageux
« J’avais un caillot de sang à la tête… Je ne pensais pas pouvoir m’en remettre aussi rapidement. Mais après trois mois sans courir, je suis là. Cela fait deux semaines que j’ai repris et je dois remercier mon coach Karl Paul pour ce qu’il a fait. Aujourd’hui (dimanche), je me suis senti à l’aise, mais sans pouvoir accélérer. L’endurance ? C’est pas mal. Mais c’était juste un test pour savoir si je pourrai courir le marathon le 22 juin. Et sur ce que j’ai pu ressentir aujourd’hui, je préfère l’oublier », avoue Maréna.
Au palmarès de la course féminine, Nadine Citta a succédé à Wendy Citta. La vétérane a rallié l’arrivée avant toutes les autres et estime que la traversée n’était pas aussi difficile « vu qu’il n’y avait pas beaucoup de concurrentes. » Vainqueur chez les vétéranes l’an dernier, elle se prépare elle aussi à affronter le marathon. Les trois premières à l’arrivée ont remporté les mêmes prix que ceux offerts aux hommes.
Quant à Jean-Luc Vilbrim, il a préféré s’aligner au 10 km. Un marathon couru le 7 avril à Paris, qui plus est en 2h24’09, doublé d’un 25 km en un peu plus d’un mois peut en effet s’avérer de trop. « Courir le 25 km aujourd’hui n’était pas vraiment conseillé. Car je suis encore en phase de récupération », avoue-t-il. Il annonce qu’il sera au départ du semi-marathon le 22 juin afin de réserver ses ressources pour le marathon des Jeux du Commonwealth à Glasgow pour lequel il a fait mieux que les minima demandés (2h25).
« Après le semi du 22 juin, je vais repartir à Nancy (France) pour y peaufiner ma préparation avant d’aller directement à Glasgow. L’objectif sera de battre la meilleure performance nationale qui se situe depuis 1995 à 2h23’07 », nous a-t-il confié.