Outsider sur le papier, le Kenyan Edward Omwoyo Mbuni, 30 ans, a remporté hier à Mon-Choisy le Marathon international Orange. Il a forgé sa victoire sur les derniers kilomètres, faussant compagnie au Lesothan Paul Ramolefi Motsieloa aux environs de Pointe-aux-Piments pour s’imposer dans le temps de 2h27’03. Judex Durhône, après une première moitié de course hallucinante, est finalement retombé à la 8e place en 2h34’18 mais termina premier Mauricien tous classements masculins confondus. Chez les dames, l’Éthiopienne Worknesh Shashe Oda a été exacte au rendez-vous en s’imposant en 2h48’30 contre 2h58’46 à la Kenyane Esther Mwikali Makau.
Edward Omwoyo Mbuni a toujours été dans le bon wagon dès le début de la course. Mené par un peloton composé d’une douzaine de coureurs étrangers parmi lesquels on distinguait aussi les Mauriciens Jean-Luc Vilbrim et Christophe Maréna, Mbuni a attendu patiemment que tous les adversaires tombent un à un sur la route de retour pour afficher au grand jour ses ambitions. Mais durant plus de la moitié de cette belle chevauchée (Mon-Choisy, Pereybère, Bain-Boeuf et retour vers Mon-Choisy, Trou-aux-Biches, Pointe-aux-Piments, Balaclava et retour), le grand animateur fut néanmoins Judex Durhône.
Le Mauricien, qui est rentré spécialement de La Réunion, a mené la course tambour battant en creusant l’écart dès le départ. Au 10e kilomètre, il comptera près de 2’00 d’écart sur le peloton (34’59 contre 36’40), animé par une artillerie kenyane composée de cinq coureurs, en l’occurrence Norman Kipyator, Abraham Kipruto, Josephat Koech, Jacob Kanda et l’éventuel vainqueur Mbuni, ainsi que Naftal Ama (Tanz), Paul Motsieloa (Les), George Majaji (Zimb), Mohamed Husein (Eth), Maréna et Vilbrim.
Mais Judex Durhône s’était visiblement élancé dans une mission suicide. Car le peloton commença à réagir au 15e kilomètre une fois Grand-Baie atteint. L’écart se situait alors à plus de 0’30 seulement (53’20 contre 53’59). « Ça passe ou ça casse, me suis-je dit. Je savais que j’allais manquer d’endurance après un mois d’entraînement seulement depuis mon accident. Je n’avais pas 2h30 dans les jambes, mais j’étais confiant dans la tête. J’ai pris de gros risques car je voulais en fait exploser les Africains », avoua Durhône après la course. Mais c’est visiblement l’inverse qui s’est produit…
Le Mauricien, tout en poursuivant son effort, allait être repris à Trou-aux-Biches par un peloton réduit à neuf, Maréna et Vilbrim étant lâchés. Mais ce dernier aura l’occasion de recoller au 25e km bouclé en 1h31’24. Car le rythme avait baissé une fois la jonction faite. Durhône en profitera pour repartir, mais il sera vite ramené à la raison.
Dès lors, le peloton allait graduellement s’effriter. Les Kenyans, quoiqu’en surnombre, n’allaient pas tous résister jusqu’au bout. Après la boucle de Balaclava, la course se décanta au retour vers Mon-Choisy sur un coup d’accélération. L’Éthiopien Husein, le Kenyan Mbuni et le Lesothan Motsieloa prirent la poudre d’escampette. Mais c’est le Kenyan placé en embuscade dans le trio qui faussera finalement compagnie à ses adversaires pour s’envoler seul vers la victoire.
« Ce fut une course tactique et rien de moins. Mais que c’est douloureux ce parcours », se lamentait Mbuni après l’arrivée. « Il a fait très chaud comparé au Kenya où il pleut tout le temps. Mon record personnel est de 2h13’58, réalisé l’an dernier en Allemagne (10e). Je suis content d’avoir gagné », ajouta-t-il.
Peu après lui, le Lesothan Motsieloa, 22 ans, rallia l’arrivée. Également 2e en 2h23’38 l’an dernier, il est déçu. « Mbuni était le plus fort, surtout sur la fin », reconnaît-il cependant.