L’entraînement a déjà repris son cours dès le début du mois d’octobre au Centre international d’athlétisme de Maurice (Ciam) qui se spécialise dans les épreuves combinées et sprint. Les objectifs sont déjà fixés pour l’année prochaine : les mondiaux de Pékin (22-30 août) et les Jeux d’Afrique, s’ils sont maintenus (10 au 14 septembre) au Congo-Brazzaville en raison de l’épidémie d’Ebola qui menace la région.
La plupart des athlètes étrangers et mauriciens anciens et nouveaux qui font partie de cette structure de haut niveau sont rentrés, sauf la Swazilandaise Phumlile Ndzinisa, qui rentrera dans deux semaines, alors que le sprinter Seychellois Leroy Henriette (IAAF) est déjà sur place depuis le 30 octobre dernier.
En attente de confirmation de sa bourse de l’Association internationale des Associations d’athlétisme (IAAF) jusqu’à récemment, la Swazilandaise a finalement bénéficié d’une bourse de la Solidarité Olympique, nous précise Vivian Gungaram, président de l’Association mauricienne d’athlétisme et directeur du Ciam. Par contre, le cas du Zambien Francis Zimwara (IAAF) reste toujours en suspens. L’arrivée du sprinter burkinabé Gérard Kobeane l’est encore moins. Quant au sprinter palestinien Mohamed Abukhousa, qui a déjà obtenu son passeport, il est attendu incessamment. Le Lesothan Mosito Lehata est lui rentré début octobre.
On note également deux nouvelles arrivées : la Béninoise Pascaline Adanhoegbe, spécialiste de l’heptathlon, et la sprinteuse zimbabwéenne Mahachi Tsitsi (100-200 m). Elles débarqueront dans deux semaines. Leur présence ramène à quatre le nombre d’athlètes féminins au Ciam.
Les athlètes spécialistes des épreuves combinées ont également repris les armes, à l’image des Mauriciens Guillaume Thierry, médaillé d’argent courant août aux championnats d’Afrique à Marrakech, Fabrice Rajah, du Congolais Florent Bilisi Lomba et de la Burkinabée Marthe Koala, médaillée d’or à Marrakech.
Les athlètes du Ciam ont pour la plupart répondu aux attentes durant la saison écoulée. Aux Jeux du Commonwealth à Glasgow, Mosito Lehata rata le podium au 200 m, terminant 4e en 20″36, son temps le plus rapide. 7e des demi-finales du 400 m à Glasgow (47″70), le Zambien Saviour Kombe s’est révélé par la suite impressionnant en terminant 4e de la finale au Maroc en 45″27. Ces deux athlètes ont déjà assuré leur place aux prochains mondiaux. « Cet objectif est déjà atteint pour eux. Mais il n’est pas étonnant que Jonathan Permal (boursier de la Solidarité Olympique en vue de Rio 2016) réussisse lui aussi à se qualifier au 200 m », suivant ses 20″85 réalisées en demi-finales au Maroc, remarque Vivian Gungaram.
Jonathan Permal, Julien Meunier et Jean-Yan Degrâce sont les trois jeunes sprinters mauriciens qui ont rejoint cette année le Ciam. « S’ils devront effectuer un passage aux JO 2016, leur bourse leur permettra surtout de se préparer en vue des JO 2020 », estime-t-il. D’autres sprinters ayant choisi de poursuivre leur préparation à Maurice au lieu de repartir à l’étranger devraient quant à eux être « soutenus par le TFES et devront effectuer des stages et compétitions en France et en Afrique du Sud dans le cadre des Jeux des îles 2015. Des demandes de bourses seront également déposées au TFES pour soutenir tous les médaillés d’or potentiel ».
Pour Stephan Buckland, responsable de sprint depuis 2010 au Ciam, il ne fait pas de doute que 2015 s’annonce prometteuse avec ce mélange d’anciens et de nouveaux venus dans les rangs. « Les jeunes, il faut d’abord que je les découvre et qu’ils s’habituent au changement de style d’entraînement. Mais dans l’ensemble, je crois qu’ils composent effectivement un groupe prometteur. Tout dépendra néanmoins de leur attitude, de leur conviction et leur persévérance », avoue-t-il.
Et pour les autres qu’ils connaît mieux ? « Mosito Lehata a démontré une progression d’année en année et a encore à prouver. Vu que Kombé et lui sont déjà qualifiés pour Pékin, nous cherchons maintenant la qualification de Permal. On a de l’espoir. Si on avait trois qualifiés pour Pékin, j’en serais très satisfait. Pour les deux autres jeunes (Degrâce et Meunier), j’aurais voulu les voir sur le podium aux Jeux des îles l’année prochaine ».