C’était une entrée en matière à ne pas rater. Et le champion et la championne en titre ont gagné leur premier pari en enlevant la première manche de la ligue nationale de cross-country courue samedi aux Casernes, Curepipe. Nicolas Boissèque a fait l’essentiel en s’imposant après haute lutte face à Jean-Luc Vilbrim et Paramasiven Sammynaden, tandis que Prisca Manikion a dominé la junior Émilie Ng Foong Po.
Le duel à distance entre Boissèque et Vilbrim a tenu toutes ses promesses. Il a fallu attendre la troisième et dernière boucle du circuit sur gazon pour que la course ne se décante. Les trois hommes caracolaient seuls en tête quand Boissèque décida d’accélérer. Il attaqua sur une petite côte, la seule partie du parcours courue sur l’asphalte, pour lâcher Vilbrim. Mais pas Sammynaden. Celui-ci resta collé au leader qui entamait alors une petite descente à l’entrée de la dernière boucle sur gazon.
Très revanchard, Vilbrim, spécialiste du marathon, tentera quand même une remontée en se livrant à un sprint tout feu tout flamme tout au long de cette dernière partie de la course. Mais sentant s’approcher le danger, Boissèque relança aussitôt sa course pour garder son adversaire à distance. Alors que Sammynaden sera repris à environ 600 m de l’arrivée par Vilbrim, Boissèque franchira plus loin la ligne d’arrivée, mais avec 0”03 d’écart. Il aura pour ainsi dire limité les dégâts. Car il a paru moins bien à l’aise sur la fin de cette première manche.
« Je savais que ça allait être dur. Et tout s’est passé comme prévu. Je pense que c’est la manche la plus difficile à négocier. Mais j’ai pu assurer. C’était important de ne pas rater cette première manche. La partie courue sur l’asphalte a fait vraiment mal aux jambes, mais c’est là qu’il fallait attaquer pour faire la différence. Pour le reste, j’ai géré », a réagi Boissèque après sa victoire.
Certes, les trois coureurs ont bouclé l’étape visiblement très éprouvés. Mais Vilbrim fut assurément celui qui a le plus impressionné car il aura mené l’assaut de bout en bout et avouait, même encore tout essoufflé, « que la course a été un peu lente… » « J’ai été surpris sur la dernière côte lorsqu’ils ont accéléré. Et j’ai laissé du jus en voulant les rattraper. Mais ce n’est que partie remise. Je remercie mon coach Mike Félicité et mon sponsor Yoplait. Mon but est de récupérer mon titre de champion national. » Une chose est sûre, Boissèque devra plus que jamais compter avec lui dans les manches suivantes, d’autant que celles-ci seront plus longues à parcourir.
La course féminine n’a pas échappé à Prisca Manikion. Mais elle semblait toutefois ne pas avoir effectué une promenade de santé. Pas trop loin derrière, la junior Émilie Ng Foong Po termina avec 0”25 de retard devant Aurélie Agathin (Jr) et Love Macchabée. Ng Foong Po n’aura pris la course en main que pendant 500 m avant d’être rejoint par Manikion et les autres. « C’est une entrée en matière un peu dure et ce matin (samedi) je n’étais pas trop confiante. Mais une fois le départ donné, je me suis sentie mieux. J’ai pris les devants après 1 km et j’ai gardé mon avance jusqu’à l’arrivée », a fait ressortir Manikion après la course. Elle devrait s’imposer avec plus de facilité dans les prochaines manches.
Dans les autres catégories, quelques favoris tels Mélivan Dauphin (cadets), Béatrice Pierre-Louis (cadettes), Dimitri Seechurn (jr) ainsi que Joëlle Cotte et Laval Marjolin (vétérans) ont été exacts au rendez-vous. Ailleurs, les surprises n’ont pas manqué. La deuxième manche se courra vendredi à partir de 9h Mon Choisy.