Fraîchement débarqués de Jamaïque une semaine de cela, Jonathan Permal et Mary-Jane Vincent se sont mis en évidence à la première occasion lors des championnats de Maurice Vital d’athlétisme qui ont eu lieu samedi et dimanche au stade de Réduit. En sus d’avoir réédité au 200 m les minima qualificatifs des Jeux de la Francophonie à Nice (6-15 septembre), leurs chronos respectifs de 21”20 et 24”24 leur ont valu le titre d’athlète masculin et féminin de la compétition aux dépens des adversaires qui, de loin, n’ont pas démérité.
Privé du sacre qui lui était promis sur la ligne droite par une surprenante victoire de Jonathan Bardotier (10”57 contre 10”61), Jonathan Permal tiendra sa revanche sur le double hectomètre, comme pour prouver qu’il était bien le meilleur, laissant à Bardotier (21”68) et au junior Orwin Émilien (21”88) les accessits. Ce dernier accompagnera Permal et Bardotier sur le podium au classement final masculin avec 977 pts suivant son tour de piste victorieux en 48”21. Mais il faut quand même dire que les performances en sprint auraient pu être plus rapides sur une piste en meilleur état.
Reste que l’épreuve reine a été adjugée haut la main en masculin par un spécialiste… du 400 m. Et ce titre comptera dans les annales. « C’était vraiment inattendu car je craignais Permal, qui détenait le meilleur temps de l’année (10”66). Mais j’ai couru sans le moindre complexe et le résultat est là », pouvait se féliciter Bardotier, 21 ans, mine d’un rien. Mais au fond, comme il l’avoua lui-même, il s’est présenté au 100 m pour « tenter sa chance, sachant qu’il était assez loin des minima au 400 m (46”64). » Alors effectivement, « pourquoi pas le 100 m ? Et vu que ce n’est pas ma course, je ne peux qu’en être très satisfait. C’est assez motivant pour l’avenir », estime-t-il. Il se pourrait qu’il délaisse le 400 m au profit des 100 et 200 m. À lui d’en décider avec son coach, Jean-Claude Seerungen.
Janvier, une reine du sprint  venue de Bois d’Oiseau
De la même façon, le 100 m dames nous a réservé une belle surprise qui se nomme Joanilla Janvier. En 12”08, elle est devenue la nouvelle reine du sprint aux dépens de sa rivale Élodie Pierre-Louis, deuxième en 12”19. Seul hic : les prétendantes de cette course ne s’élanceront définitivement qu’après une série de faux départ provoqués par un pistolet enrayé. Crispée sur la fin, Pierre-Louis cédera la victoire à Janvier. Mais cette dernière, il faut bien le dire, s’était montrée très menaçante depuis la rentrée. Elle avait couru en 12”05 récemment au Botswana aux championnats d’Afrique australe. « Cette victoire était très attendue. J’étais impatiente car je me disais dès le début de la préparation qu’il fallait que je m’accroche pour avoir ma place à Nice autre que dans le relais 4×100 m. Mais même si je n’ai pas réussi à me qualifier au plan individuel, il me reste la satisfaction d’avoir remporté le titre », confia la reine du sprint, tout sourire.
Joanilla Janvier, 23 ans, vient de Bois D’oiseau, petit village situé dans la région de Flacq. Elle ne manquera pas de remercier son coach Nanda Chinapyel, le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES), Delvyn Chinapyel ainsi que tous ses partenaires d’entraînement qui ne cessent de la pousser à se surpasser. Son coach remerciera pour sa part l’Association mauricienne d’athlétisme, le ministre Rittoo et le TFES de leur soutien.
Reste qu’au 200 m, Élodie Pierre-Louis, 22 ans, valida sa place pour Nice en se qualifiant au plan individuel samedi lors des demi-finales en 24”19 (minima : 24”24). Elle était déjà qualifiée avec le quatuor du 4×100 m. « Je visais surtout le 100 m où j’étais plus proche des minima (11”94) ayant déjà couru en 12”01-02. Mais je me suis surprise moi-même en me qualifiant au 200 m. Je remercie mes adversaires, surtout Mary-Jane Vincent, qui m’a poussée dans cette course, mon coach Nanda Chinapyel, ma famille et le TFES. »
Avec 24”19, la sprinteuse de Poudre d’Or améliore aussi sa marque personnelle qui se situait à 24”58. Dimanche, elle termina 2e du 200 m en 24”62, son cinquième chrono au moins sous les 25 secondes cette année. Mary-Jane Vincent, qui s’imposa en 24”24, égala pour sa part les minima de Nice. La veille, elle remporta aisément le 400 m en 55”66.
Cette deuxième journée de compétition fut également marquée par le jet mesuré à 16,06 m de Sylvain Pierre-Louis au lancer du poids. Il dépassa pour la deuxième fois les 16 m, après les 16,10 m réalisés le 9 juin dernier lorsqu’il se qualifia pour Nice (minima : 15,80 m). D’ici à l’échéance, il trouvera d’autres occasion pour se surpasser.