Le lanceur rodriguais Bernard Baptiste a créé l’événement hier lors de la deuxième moitié des championnats nationaux de Maurice d’athlétisme Vital qui avait débuté samedi au stade de Réduit. Il a ajouté 4 cm à sa marque nationale réalisée le 22 mai en France (17,29 m) en projetant cette fois l’engin à 17,23 m, performance réussie à son 3e essai. Il entrevoit désormais les 17,50 m qu’il pourrait éventuellement atteindre très prochainement à Durban aux Championnats d’Afrique prévus du 22 au 26 courant.
Le record de Baptiste est venu pour ainsi dire sauver ces championnats de la déroute après une première journée de compétitions restée relativement fade, car marquée uniquement par les 10″47 de Jonathan Bardotier, vainqueur de l’épreuve reine, les 56″53 d’Aurélie Alcindor au 400 m dames et la marque de 60,16 m atteinte par Nicolas Li Yun Fong au marteau. Mais là encore, que peuvent valoir de telles performances à l’échelon continental à quelques jours du rendez-vous africain ? On ne tardera pas à le savoir.
Reste que Jonathan Bardotier a également été crédité hier de 21″36 au 200 m, sans qu’il n’ait eu à partir en France pour les réaliser… De son côté, Aurélie Alcindor est restée dans ses limites sur le tour de piste, comme elle l’a démontré récemment en France.
Par contre, Bernard Baptiste ne cesse de repousser ses limites, « démontrant sa nette progression comme il l’a fait récemment en France et ce, même si ce n’était pas son objectif aujourd’hui (hier) », remarque l’entraîneur national des lancers, Joël Sévère. « C’est plutôt à Durban qu’il avait prévu de le faire. Mais moi je le vois bien à 17,50 m. Cela reste une marque psychologique à franchir. Il peut encore progresser », ajoute-t-il. Joël Sévère précise qu’il ne fait qu’apporter des conseils techniques à Bernard Baptiste vu que celui-ci s’entraîne avec Jacques Ramtanon, selon un programme de préparation concocté en Afrique du Sud.
Quant au principal intéressé, il avoue simplement que « ce n’était pas dans mes intentions de battre le record aujourd’hui (hier), mais juste parfaire ma préparation et me concentrer sur la suite, car on est toujours en phase intensive en vue de Durban. Je voulais même faire l’impasse vu qu’il n’y avait pas de gros enjeu. Mais étant donné que ce sont les championnats de Maurice, il fallait que je sois là. Je suis satisfait de ma performance. »
Après avoir enchaîné « une dizaine de compétitons, la fatigue commence à se faire sentir », dira-t-il. Durban sera sans doute le dernier cap à franchir. « Je viserai les 17,50 m, où sinon je tenterai tout au moins d’effacer mes 17,23 m. Le podium ? Ce sera difficile, car mes adversaires directs valent tous plus de 20 m étant tous en quête des minima olympiques (20,50 m). Il faudra compter avec trois Sud-Africains, un Congolais en plus des Égyptiens. Mais je ferai de mon mieux… »
Bernard Baptiste devrait s’envoler pour Durban dans une semaine. Il sera en action le mercredi le 22 juin, jour de l’ouverture de l’événement. À quand la barre des 18 m ? « Ce sera l’autre palier à franchir et je dois encore beaucoup travailler pour ça », nous lance-t-il. Pour l’heure, son volume d’entraînement a triplé en une saison, passant de 4-5 séances par semaines à deux séances par jour, soit 12 par semaine.     
Dans les autres épreuves, force est de constater que, parfois, il n’étaient que deux, trois, voire un seul concurrent en lice, à l’instar du saut en hauteur dames, disque hommes, 400 m haies dames, 800 m dames, 110 m haies hommes et 100 m haies dames, entre autres. Un spectacle tout autant affligeant qu’inquiétant.