Le sprint a volé la vedette samedi lors des championnats nationaux juniors disputés au stade de Réduit. C’est ainsi que la Rodriguaise Émilie Anthony s’est surprise elle-même en s’offrant le titre de la meilleure athlète féminine suivant sa performance de 25”64 au 200 m. En masculin, c’est Orwin Émilien, crédité de 21”82 dans la même épreuve, qui s’est retrouvé à l’honneur.
 Ces championnats nationaux juniors comportaient plusieurs objectifs, dont celui de la qualification pour les championnats d’Afrique juniors prévus du 27 au 31 juin à Germinston (Afrique du Sud), alors que les cadets et les seniors y trouvaient une autre occasion, les uns pour se peaufiner en vue de la prochaine rencontre interîles cadettes Maurice/Réunion (8-9 juin à Réduit) et les autres pour décrocher le précieux sésame des Jeux de la Francophonie à Nice du 6 au 15 septembre. Et il faut dire que les deux meilleurs juniors de la journée ont sans doute assuré leur place pour Germinston.
Avec un doublé au 100-200 m, la Rodriguaise Amélie Anthony, 17 ans, s’est révélée intraitable. Si elle a surpris tout son monde, elle s’est surtout surprise elle-même. « Franchement, c’était inattendu. J’avais le trac. Mais même si je n’étais pas sûre de m’imposer par deux fois, j’étais quand même assez confiante. Une fois partie au 200 m, je me suis donnée à fond avec le résultat qu’on connaît. Je suis très contente et je dédie mon succès à ma mère Marie-Lourdes, mon entraîneur Daniel André et mes camarades de m’avoir encouragée. »  
Amélie Anthony fait partie du centre de formation de Camp du Roi (Port Mathurin) et ne cache pas que son objectif à long terme est de « repousser sans cesse mes limites au 100-200 m et bientôt au 400 m. » Elle est arrivée à Maurice vendredi et repartira donc avec deux titres et une prime de Rs 4 000 offerte par le sponsor KFC ainsi qu’un supplément de Rs 5 000 offert à titre personnel par Gilles Brelu-Brelu, lui-même ancien champion de sprint fort connu dans le giron de l’athlétisme. Amélie Anthony, qui avait enlevé le titre national au 200 m chez les cadettes l’an dernier en 25”88, confirme donc sa progression.
De la même façon, Orwin Émilien, 18 ans, s’est vu remettre les mêmes primes. Il effectue lui aussi une entrée réussie chez les juniors après un passage déjà fort prometteur chez les cadets. L’an dernier, il avait notamment amélioré le record national cadets du 400 m haies en 53”80 et avait récolté le bronze au 400 m en 48”45 aux championnats d’Afrique australes cadets. Mais cette année, l’athlète originaire de Tyack, Rivière-des-Anguilles, s’est également distingué en s’offrant les minima des mondiaux juniors 2014 aux USA au 400 m. En effet, il avait réalisé 47”57, son temps le plus rapide, au récent meeting international.
Cela dit, le 200 m est une nouvelle autre corde qu’il compte désormais à son arc. « Je commence à peine à le découvrir, car je ne pensais pas pouvoir m’imposer aux autres sur la distance. Je suis assez content d’avoir réussi et mon succès va aussi à mon coach Frankie Lebon et ma famille », dira le sprinter.
Reste que ces championnats juniors ont également révélé une certaine baisse dans le nombre d’athlètes de la catégorie, de l’avis de l’entraîneur national de lancers, Joël Sévère. « Ce manque d’athlètes qui se manifeste même à Rodrigues était connu d’avance. L’équipe de Rodrigues est arrivée avec une seule athlète féminine et quelques athlètes masculins. On note aussi une certaine baisse des performances et donc du niveau. L’écart entre les premiers, seconds et troisièmes est important dans certaines spécialités. Par contre, il existe un gros potentiel au saut en hauteur masculin avec un trio valant plus de 1,90 m, parmi un Rodriguais. Il faudra bien les préparer pour 2015 », constate-t-il.
Au niveau des épreuves ouvertes, aucun athlète n’aura réalisé les minima de Nice.