12 médailles d’or : objectif pour le moins ambitieux, mais « réalisable » pour l’athlétisme mauricien dans ces 10es Jeux des îles. Pourtant, il y a encore quelque temps, cette moisson n’était pas encore envisageable, d’autant que performances et résultats, à quelques exceptions près, n’avaient pas été globalement rassurants. Mais l’entraîneur national de la sélection, Joël Sévère, qui a refait ses calculs, assure : « L’objectif c’est 12 médailles d’or. Mais en comptant avec un grand public, on pourrait faire mieux. » Il se garde toutefois de divulguer la répartition de cette moisson.

Pour l’instant, on peut penser que celle-ci se réalisera principalement dans les épreuves de concours, notamment en lancers et sauts. D’autant que la sélection a perdu l’un de ses meilleurs sprinters, Jean-Yann De Grâce, exclu pour cause d’indiscipline. Mais la dernière mise en jambes effectuée lors des Championnats d’Afrique australe les 5-6 juillet à Réduit a apporté plus de clarté, sinon de l’espoir à l’équipe technique quant aux bonnes dispositions des athlètes.

« Cette compétition a été essentiellement mise sur pied pour faire profiter au plus grand nombre d’athlètes s’entraînant sur place de se situer au frottement des adversaires de niveau supérieur. Ainsi, on a pu avoir une idée de la valeur des équipes de relais 4×100 m et 4×400 m. On en a été satisfaits et on est confiants qu’elles vont encore s’améliorer d’ici aux Jeux. En sprint féminin, Amélie Anthony maintient sa progression, tout comme Juliane Clair au lancer du marteau. Le sprint masculin maintient aussi le rythme et les épreuves de concours également. Du côté des officiels techniques et de l’encadrement, tout est au point puisque la compétition australe leur a servi de répétition générale en attendant les Jeux. »
Le seul hic est que cette compétition très relevée s’est déroulée à Réduit plutôt qu’au stade de Bambous, où les travaux de rénovation n’étaient toujours pas achevés. Le stade devait être livré vendredi (12 juillet) afin de permettre aux athlètes de s’y entraîner hier même pour se réhabituer à la souplesse de la nouvelle piste synthétique et à leur nouvel espace de compétition.

En capitaine de l’équipe masculine, Jonathan Bardotier, 27 ans, se montre plutôt confiant. Très attendu aux 100-200-4×100-4×400 m, il compte donner l’exemple. « C’est un gros défi. Je ne sais pas si d’autres l’ont fait avant moi, mais j’aborde ces quatre épreuves en me disant que c’est ma dernière compétition et en tant que capitaine, je dois montrer la voie », fait-il valoir. Médaillé de bronze au 4×400 m et 4e du 400 m aux derniers Jeux 2015 à La Réunion, il cherchera à faire mieux. « En 2015, cela ne s’était pas passé comme on avait prévu. On avait remporté neuf médailles d’or. Cette fois, avec 10 c’est bon. Avec les jeunes qui nous ont rejoints et qui cherchent à se surpasser, nous formons une équipe soudée. On attend de voir ce que tout cela va donner. »

En féminin, où les performances n’ont pas vraiment suivi, Jessika Rosun, capitaine d’équipe et du Club Maurice, trouve que le dernier regroupement en stage résidentiel a rendu « l’équipe plus soudée et motivée. Les jeunes et celles qui étaient là avant sont confiantes et excitées à l’idée de se surpasser. » Médaillée d’or au javelot en 2015, elle sait à quoi s’attendre pour sa 3e participation. « Nous chances de médaille ne sont pas si minimes que cela. Estelle Louis au disque et au poids peut faire la différence, tout comme Mélissa Nigathe (longueur), ainsi qu’Amélie Anthony et Anne-Loa Léopold en sprint. L’espoir est minime, mais on est toutes motivées. »

Performance 2015 :

La barre des 12 médailles d’or n’avait pu être atteinte à La Réunion. Au final, cette discipline avait rapporté 9 médailles d’or seulement, 10 d’argent et 16 de bronze. On retiendra de ces Jeux la très belle médaille d’or remportée par la Rodriguaise Antoinette Milazar. Celle qu’on n’attendait pas à l’époque avait ouvert la voie au Club Maurice dans son ensemble en s’imposant au semi-marathon à… 40 ans.

Les autres médailles avait été remportées par Karina Jolicoeur au triple saut, Jessica Rosun au javelot et le relai 4x100m, composé de Joanilla Janvier, Amélie Anthony, Aurélie Alcindor, Jessica Marie et Stéphanie Guillaume. Les médailles d’or décrochées chez les hommes sont à mettre à l’actif de Jonathan Permal au 200m, Jonathan Drack au triple saut, Nicholas Li Yun Fong au marteau, Bernard Baptiste au poids et de l’équipe du relais 4x100m composé de Jonathan Permal, Jean-Yan Degrace, Fabrice Coiffic et Julien Meunier.

 La sélection mauricienne 

Dames (22 athlètes) : Amélie Anthony (100-200-4×100-4×400 m), Anne-Loa Léopold, Sévérine Moutia (100-200-4×100 m), Océane Moirt (100 m-4×100 m), Coralie Télémaque (4×100 m-4×400 m) Véronique Raboude (400 m-4×400 m), Sabrina Rabot (400 m-800 m-4×400 m), Rachel Michel (800 m-400 m haies-4×400 m), Marie Perrier (5 000 m, 10 000 m), Antoinette Milazar (10 000 m-semi-marathon), Katie Mauthoor (semi-marathon), Prisca Manikion (5 000 m marche), Liliane Potiron (triple saut-longueur-javelot), Mélissa Nigathe (triple saut-longueur), Jeanne d’Arc Momus, Estelle Louis (disque-poids), Jessika Rosun (javelot-disque), Juliane Clair, Astridge Samoisy, Olivia Maljean (marteau), Joanne Anthony (100 m-4×400 m), Aurélie Baptiste (100 m haies-4×400 m)
Hommes (30 athlètes) : Noah Bibi (100-200-4×100 m), Orwin Émilien (200-400-4×400 m), Jonathan Bardotier (100-200-4×100-4×400 m), Jérémie Cotte (800-4×400 m), Samuel Vieilleuse (800-1 500 m), Jameson Marianne (4×400 m-800 m), Mohammad Dookun (1 500 m-5 000 m), Jérémie Lararaudeuse, Pascal Désiré (110m haies-4×100 m), Bryan Police, Geremy Pierrus (400 m haies-4×400 m), Jérôme Caprice (10 00 m marche), Fabrice Rajah (décathlon-perche), Jean-Luc Vilbrim (10 000 m-semi-marathon), Sébastien Clarice (400 m-4×400 m), Dezardin Prosper (hauteur-triple saut), Adel Cupidon (longueur), Jonathan Drack (triple saut-longueur), Alexandre Gentil (triple saut), Bernard Baptiste, Sylvain PIerre-Louis (poids), Christopher Sophie (disque), Bruno Collet (javelot), Nicholas Li Yun Fong, Jean-Ian Carré (marteau), Ashley Pitchia (800-1 500 m), Miguel Marie (10 000 m-semi-marathon), Jérémie L’Étendrie (hauteur), Thierry Duval (longueur), Divesh Dyal (3 000 m steeple)