Le 19e meeting international d’athlétisme de Maurice couplé de la 7e édition du meeting africain des épreuves combinées n’ont pas dérogé à leurs précédentes éditions. Performances de bonne facture au rendez-vous hier au stade Germain-Comarmond à Bambous malgré une ambiance assez fade et devant des tribunes toujours clairsemées. Au terme d’un 400 m fort relevé, le Botswanais Isaac Makwala a signé un nouveau record du meeting en s’imposant en 45″49, alors que le Lesothan Mosito Lehata a été crédité de 10″26 au 100 m, frôlant de peu la référence du meeting. Quant au Mauricien Guillaume Thierry, il a frappé fort au décathlon en battant sa marque nationale, la portant de 7511 pts à 7537 pts.
Le sprint aura tenu comme prévu la gageure. Honneur donc au Botswanais Isaac Makwana, qui ouvrait l’après-midi avec son surprenant chrono de 45″49 au tour piste. Il y avait aussi dans cette course le Sud-Africain Ofentse Mogawane, qui avait été médaillé d’argent au 4×400 m aux mondiaux sud-coréen de Daegu en 2011. Mais Makwana, 27 ans et champion d’Afrique au Bénin en 2012, savait qu’il était le plus fort.
« Ce n’est pas une surprise, j’avais couru en 45″25 au Bénin et ce n’est que mon deuxième 400 m cette saison après mes 45″06 réalisées récemment en Afrique du Sud. Je vais enchaîner avec les championnats du Botswana le mois prochain avant de mettre le cap sur l’Europe. C’est une belle saison qui se profile », disait-il, tout fier.
Sur la ligne droite et en comptant avec les bonnes grâces de la météo qui étaient plus qu’un cadeau fait aux athlètes, le Lesothan Mosito Lehata (Ciam) a fait chauffer la piste, sans toutefois décrocher le record qu’il voulait (10″13, qui porte le sceau de son coach Stephan Buckland). « Je voulais vraiment aller plus vite, mais j’ai échoué de peu. Avec quelques réglages apportés au départ, je crois que je l’aurai cette année. But it was a very good one againt almost no wind », pouvait-il se satisfaire. C’est en boulet de canon qu’il boucla ce 100 m en 10″26 (vt -0,8 m/s).
Au lancer du javelot dames, épreuve également classée internationale avec les 400 m (h), 100 m (h), 200 m (d), 1 500m (d), 400 m (d) et 3 000 m (h), la championne de France 2012, Mathilde Andraud, a tenu son rang en ouvrant sa saison en plein air avec une performance très valable de 55,88 m réussie à son 4e essai. Mais cette épreuve a donné lieu à une lutte à trois en comptant avec les Mauriciennes Jessika Rosun et Bernadette Perrine en l’absence de la vice-championne de France Magali Brusseault.
De plus, avec une blessure subie mercredi à la cheville, Mathilde Andraud nous confiait qu’elle n’était pas sûre de s’aligner à son meilleur niveau. « Mais passer deux fois les 55 m dans ces conditions est plus que satisfaisant, quoique j’aurais voulu battre mon record (56,96 m) car je m’en sentais capable. C’est ma seule déception et je suis satisfaite de lancer ma saison ici. Il a manqué du monde dans cette finale, mais on s’est motivées. Cela me donne vraiment envie de revenir l’année prochaine et en 2016 pour faire de Maurice une étape de lancement de la saison et pourquoi pas me qualifier pour les JO de Rio », a réagi la Française, qui fête aujourd’hui ses 25 ans.
Quant à Guillaume Thierry, il a marqué une nouvelle fois le meeting africain des épreuves combinées d’un nouveau record national couplé d’une deuxième place au classement final. Comptabilisant 6894 pts à une épreuve de la fin et ex aequo avec le jeune champion juniors sud-africain Friedrich Pretorius, les deux hommes se sont départagés au 1 500 m. Pretorius enleva ce concours avec 7 572 pts contre 7 532 pts au Mauricien et 7 096 pts au Malgache Ali Kamé.
« Battre le record, c’est ce que je voulais. Pour ça, il fallait courir le 1 500 en 4’40-4’45. C’était une bataille de tous les instants dès la première journée. Pretorius est très fort, mais je ne suis pas loin. Avec mon coach, on va encore travailler pour me perfectionner. Je suis vraiment très content. Le temps nous a gâtés, sauf au saut à la perche où il a fait chaud. Mais le 1 500 m était parfait. C’est un résultat fort réjouissant pour la suite de ma saison ».
Il remerciera plus que jamais « mon sponsor Mauritian Eagle, ma famille, mon épouse et ma fille Colleen, et surtout mon coach Oleksandr Nevskyy, Jöel Sévère, Vivian Gungaram et tous ceux qui m’ont soutenu. »