Suspendu provisoirement à la suite d’une démarche jugée malhonnête de sa part au sujet de sa récente participation au Relais-marathon International de St-Benoît le 11 novembre à l’île de La Réunion, le n°1 du marathon mauricien, Jean-Luc Vilbrim, a vu sa licence d’athlète lui être enlevée par le comité de direction de l’Association mauricienne d’athlétisme (AMA).
Convoqué d’urgence hier après-midi au siège de la fédération à Réduit, le comité de direction est parvenu à cette décision avec effet immédiat en considérant que : 1. le coureur s’est mal conduit ; 2. a fait fi de l’ordre qui lui avait été donné par l’AMA ; 3. a transgressé les règlements de l’IAAF et de l’AMA. Un comité disciplinaire (composé de trois personnes neutres) sera aussi établi pour trancher sur toute la question. Depuis hier, le nom de Jean-Luc Vilbrim a également été enlevé de la liste de la présélection des Jeux des îles 2015 à La Réunion et des bénéficiaires d’allocations de la High Level Sports Unit, a également indiqué le président de l’AMA, Vivian Gungaram.
Quoique résidant à Quatre-Bornes, Vilbrim est licencié au comité régional de Vacoas-Phoenix. « Il a effectué une demande pour rejoindre l’équipe de Quatre-Bornes qui, chaque année, est le seul invité officiel de la course en raison du jumelage qui existe avec St-Benoît. Or, le 22 octobre dernier, l’athlète a voulu savoir pourquoi il n’était pas convoqué à la Colline Candos pour évaluer la forme des athlètes de Q-B potentiellement capables de faire partie de la sélection, sous la supervision de l’entraîneur Rama Ramanah », indique le président du régional de Q-B, Henri Théodore.
« Je lui ai alors expliqué qu’il pouvait quand être présent, mais que cette rencontre n’était d’abord pas une épreuve de sélection, qu’étant jumelé avec la commune de St Suzanne, le régional de Vacoas-Phoenix ne peut recevoir d’invitation officielle de St-Benoît et que vu que Vacoas-Phoenix exige et favorise seuls les athlètes de sa ville, il sera de toute façon exclu de cette équipe. J’ai aussi explicité le cas aux parents de Vilbrim ».
Toujours est-il que, « le 27 octobre, sur désistement de quelques coureurs de Q-B, Vilbrim finit par trouver une place au sein de l’équipe de Q-B et prit l’engagement à courir pour elle. Mais pour éviter d’entrer en conflit avec d’autres comités régionaux, je lui ai également inviter à écrire une lettre pour exprimer son souhait de rejoindre le régional de Q-B en 2015 et d’en justifier les raisons. Il a accepté et fut très content de sa sélection qui lui fut communiquée le 27 octobre. Or, le mardi 28 octobre, il annonce à Rama Ramanah son désengagement et qu’il restait à Vacoas-Phoenix. Mais nous avons su après que la réelle raison de son désengagement est qu’il avait reçu un courrier depuis le 26 octobre de Christian Verson, président de l’Association Run Oxygène 974 l’invitant à courir pour l’équipe Mondiale Oxygène (composée d’étrangers) en lui promettant des billets d’avion pour les 10 et 12 novembre. Mais puisque sa demande de release avait déjà été faite et que c’est seulement le 6 octobre que nous avons pris connaissance de sa malhonnêteté lors du dernier managing committee du régional Q-B, l’AMA et le régional ont décidé de faire annuler sa demande de release à son employeur et d’aviser la ligue réunionnaise qu’il n’était plus autorisé à participer à la course tout en l’invitant à transmettre les faits au comité d’organisation ».
Mais en dépit de « notre interdiction, et à notre grand étonnement, Vilbrim a défié notre autorité en se rendant malgré tout à l’événement à l’insu de tout le monde, même de son coach. Il a expliqué à une dirigeante mauricienne rencontrée à St-Benoît qu’il avait pris trois jours de congé et avait fait le déplacement à ses frais. Son attitude est jugée intolérable », estime Henri Théodore.
Convoqué le vendredi 7 novembre en présence de son coach, Mike Félicité, le marathonien a ainsi été sévèrement réprimandé avant qu’on ne lui annonce que sa licence lui serait dès lors provisoirement enlevée et qu’il serait privé de toute compétition jusqu’à son passage devant un comité disciplinaire.