L’aventure s’achève pour Jérôme Caprice. Le marcheur mauricien a décidé de raccrocher, fort déçu de n’avoir pas été sélectionné pour l’épreuve du 50 km marche des J.O de Londres (27 juillet-12 août) pour lesquels il s’était tant sacrifié.
« J’arrête pour de bon. C’est ma plus grande déception. La chance ne m’a pas souri. Mais je ne regrette pas de m’être battu. J’ai réalisé une super saison en donnant le maximum. Mais ça n’a pas suffi », déclare-t-il, abattu.
Arrivé en Irlande depuis bientôt six ans, Jérôme Caprice s’était mis en quête de la qualification olympique suivant sa victoire au 10 000 m marche aux 8es Jeux des îles en août dernier à Mahé. Il s’était par la suite imposé aux championnats de Hollande en octobre à Tilburg en pulvérisant son record national et personnel du 50 km marche de plus de 11’00 le portant de 4h53’30 à 4h42’10.
Depuis, il a abaissé cette marque par deux fois, la ramenant à sa dernière tentative à 4h22’49 en mai lorsqu’il termina 65e à la Coupe du monde de marche à Saransk en Russie. Il était l’un des deux athlètes africains avec le Sud-Africain Marc Mundell, 26e à l’arrivée en 3h57’57, à avoir complété le parcours. Le 24 mars, il avait aussi terminé 35e à Dudince en Slovaquie lors du European IAAF Permit Meet, crédité de 4h27’37. Mais il ne put jamais atteindre les minima B qui se situent à 4h07’00.
Jérôme Caprice avoue qu’on lui avait déjà dit que le 50 km marche n’est pas une épreuve reconnue à Maurice, mais il ne s’est jamais découragé pour autant. « Avec un peu plus d’attention, par exemple, en obtenant un stage de préparation et de perfectionnement à la manière de mes compatriotes qui sont allés en France ou ailleurs pour y peaufiner leur préparation en vue des récents championnats d’Afrique au Bénin, j’aurais relevé le défi. Mais c’est dur de n’avoir pas été soutenu durant mes six années en Irlande. J’ai toujours déboursé de ma poche pour assurer mes déplacements, sauf pour la Coupe du Monde où l’IAAF et l’AMA se sont partagé les frais. »
L’athlète de 29 ans pratique la marche depuis une douzaine d’années. Marié et père de deux enfants, il a trouvé un emploi à temps partiel dans un petit café afin de financer ses études en Business qu’il a entrepris depuis 2006. Sa femme aussi étudie et travaille à temps partiel.
Il est le seul athlète mauricien à s’être aventuré aussi loin sur 25, 30, 35 et 50 km marche où il a établi des références nationales. La fédération irlandaise, dit-il, suivait de très près sa progression par rapport à sa qualification pour Londres. Car son objectif était en fait de se qualifier pour Londres et d’y réaliser les minima pour accéder aux mondiaux d’athlétisme de Moscou l’année prochaine. Il devait par la suite poursuivre avec ses troisièmes Jeux des îles prévus en 2015 à La Réunion.
« Mais le destin en a décidé autrement ». On ne sait si sa décision est irrévocable ou pas. Seul l’avenir nous le dira.