Guillaume Thierry voit son rêve olympique s’estomper. Sa médaille de bronze obtenue jeudi au décathlon lors des 18es championnats d’Afrique tenus au Bénin n’est pas synonyme de visa pour Londres « car seuls les minima (B : 7 700 pts) nous qualifient », avoue-t-il. « C’est ce qui est établi pour le décathlon. Donc, je ne suis plus candidat pour Londres. »
C’est demain la date limite pour la soumission des noms des deux athlètes, un de chaque gent, par l’Association mauricienne d’athlétisme (AMA) au Comité national olympique (COM) pour l’octroi des deux invitations spéciales, ultime recours en cas de non-réalisation des minima (voir plus loin).
À février dernier, ils étaient encore 12 athlètes à se retrouver dans les petits papiers de l’association. Mais au fil des mois, la liste s’est réduite avant que l’espoir ne cède la place au désespoir. Cela dit, le rendez-vous béninois était la dernière chance à saisir. Mais les conditions météorologiques qui y ont prévalu n’ont pas été idéales, ni favorables.
« C’était une catastrophe. Ça ne nous a vraiment pas aidés. Durant notre tournée en Europe pendant plus d’un mois, la pluie a toujours joué les trouble-fête, que ce soit en Italie, à Prague et au Bénin. Nous n’avons eu du beau temps qu’à Maurice avant notre départ. C’est comme ça », lance Guillaume Thierry, assez frustré.
« Le défi n’était pas aussi dur à relever. J’ai toujours senti que je pouvais le faire. Mais il fallait toujours compter avec les conditions de la météo. À Prague, ils étaient 29 au départ du décathlon et 14 à avoir terminé. Il a plu pendant toute la durée de l’épreuve du 110 m haies jusqu’à celle du 1 500 m », raconte-t-il.
En dépit du déluge qui s’abattit sur le stade Charles de Gaule à Porto-Novo, il sera médaillé de bronze à l’issue des deux journées de compétitions où les risques étaient bien présents, par exemple au saut à la perche. Il sera 5e au classement après la première moitié des épreuves. « Ce n’était pas si mal. J’ai bien fait au poids et à la longueur, mais j’ai flanché au 100 m et à la hauteur alors qu’au 400 m la piste était inondée. »
Mais les mauvaises conditions étaient les mêmes pour tous, y compris pour son grand rival du Centre international d’athlétisme de Maurice (CIAM), le Malgache Ali Kamé, vainqueur du concours et nouveau champion d’Afrique. « Il a toujours été devant moi ces derniers temps et cela s’est confirmé au Bénin. Il s’est démarqué dans les épreuves de piste où moi je suis moins bon. Mais dans l’ensemble il était impossible de réaliser de bonnes performances dans les conditions qui ont prévalu. Le Sud-Africain Nardus Greyling s’est blessé au dos au saut à la perche. Moi j’étais sur le point d’abandonner. Mais finalement, je n’avais le choix que de terminer la compétition. Car le plus important était de faire le maximum en essayant de composer avec les conditions », analyse Guillaume Thierry, 25 ans.       
Les risques qu’il a pris ont finalement payé sous la forme d’une médaille de bronze, comme à Nairobi en 2010. « Ma seule satisfaction est d’avoir fait le maximum en sus de m’être amélioré dans certaines épreuves. Le décathlon reste une épreuve difficile et incertaine jusqu’au bout où tout peut basculer à n’importe quel moment. C’est pourquoi il faut se battre jusqu’au bout et jamais abandonner », estime le recordman national médaillé d’argent avec 7481 pts l’an dernier aux Jeux d’Afrique de Maputo.
Il dira pour conclure que « c’est peut-être un mal pour un bien de ne pas partir à Londres… » Il poursuivra néanmoins sa saison dans le circuit Lucozade dont la première manche est prévue ce samedi. Les deux autres étapes auront lieu les 14 et 21 juillet.