Après l’épopée de Stephan Buckland et d’Éric Milazar au cours de la dernière décennie, voilà qu’un autre représentant mauricien a pu décrocher sa qualification pour la finale d’une épreuve des championnats du monde d’athlétisme.
Au cours des qualifications du triple saut ce matin au stade olympique de Beijing en Chine, Jonathan Drack a pu réaliser une performance de premier ordre. Grâce à un saut de 16,79m dès son premier essai, il termine ainsi à la neuvième place et disputera la finale prévue demain après-midi (15h10 à Maurice).
Ils étaient 28 concurrents à briguer une place parmi les douze qualifiés ce matin. Engagé dans la poule A, Jonathan Drack a donc atterri à 16,79m, avec un vent favorable de 0,8m/s. Son deuxième saut était très moyen, soit 13,28m, tandis qu’il avait mordu lors de sa troisième et dernière tentative.
Au bout du compte, la meilleure marque était réussie par le Cubain Pedro Pichardo (17,43m), devant l’Américain Christian Taylor (17,28m), le Roumain Marian Oprea (17,07m), l’autre Américain Omar Craddock et le Portugais Nelson Evora (17,01m). Autant de sauteurs qui avaient franchi la distance qualificative de 17 m.
Les autres qualifiés sont les Russes Dmitriy Sorokin (16,99m) et Lyukman Adams (16,85m), le Français Benjamin Compaoré (16,82m), le Sud-Africain Godfrey Khotso Mokoena (16,78m), le Nigérian Tosin Oke (16,74m) et le Bahaméen Leevan Sands (16,73m).
Au cours de la finale, les douze postulants auront droit à trois sauts et les huit meilleurs pourront bénéficier de trois sauts supplémentaires. Reste que la prestation de Jonathan Drack ne surprend pas Vivian Gungaram, président de l’Association mauricienne d’athlétisme.
« Après sa prestation aux derniers Jeux des îles, je m’attendais qu’il parvienne en finale. Cette performance fait sans doute du bien à l’athlétisme mauricien ». Et quid de ses chances demain ? « En finale, tout peut arriver. S’il parvient à se retrouver parmi les huit meilleurs, nous ne pourrons qu’être encore plus satisfaits », affirme Vivian Gungaram.
À 26 ans, Jonathan Drack devient donc le deuxième sauteur mauricien à atteindre la finale d’une compétition d’envergure, après Jonathan Chimier à la longueur lors des Jeux Olympiques d’Athènes en 2004. Depuis sa première participation aux Mondiaux, soit en Russie en 2013, où il n’avait pu passer le cap des qualifications avec un saut de 15,54m, l’athlète a définitivement mûri.
À Toulouse (France) où il s’entraîne sous la houlette de Dominique Hernandez, Jonathan Drack a franchi de nouveaux paliers, surtout cette saison. Pour preuve, un record national qu’il a porté à 16,96m lors du Meeting de Castres et cette performance de 17,05m, toutefois non homologuée en raison d’un vent trop favorable, qui lui a permis de décrocher l’or au cours des derniers Jeux des îles.
À l’issue de cette prestation, il avait fait part de sa confiance en vue des Mondiaux. « Je suis motivé et déterminé. Depuis quelque temps, je suis régulier et mon objectif sera d’intégrer les douze meilleurs. Tout est possible ». Toujours est-il qu’à l’issue de ces championnats du monde, Jonathan Drack devra faire l’impasse sur les Jeux d’Afrique en raison de ses obligations professionnelles en France.
Pour en revenir à ces qualifications du triple saut, il demeure évident que Pichardo et Taylor ont haussé les enchères et seront les favoris pour succéder au Français Teddy Tamgho (actuellement blessé) au palmarès. Par contre, deux autres Américains, à savoir Will Claye (médaillé de bronze aux derniers Mondiaux et médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de 2012), et Marquis Dendy sont passés à la trappe. Quant au Français Benjamin Compaoré, il n’a dû son salut qu’à son dernier essai, après avoir mordu les deux premiers.