L’Association mauricienne d’Athlétisme a confié, depuis septembre dernier, l’organisation des 2es Championnats d’Afrique cadets (23 au 26 avril), à l’ancienne gloire qu’est Josiane Boullé. Entourée de ses membres, Josiane Boullé espère faire de ces championnats une réussite. Pour cela, elle compte sur le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports, aussi bien que sur celui des partenaires financiers. Elle est aussi d’avis que pour avoir des championnats réussis, il est très important que l’athlète soit mis en avant, qu’il soit valorisé. La réussite de cette compétition repose aussi sur l’implication du secteur éducatif, notamment le ministère de l’Education et les collèges de l’île. A travers l’organisation d’un concours, elle espère apporter une connaissance culturelle et sportive des pays d’Afrique.
— Après une longue et riche carrière en tant qu’athlète, vous voilà présidente du comité organisateur des championnats d’Afrique cadets. Quel effet cela vous fait  d’avoir été choisie et expliquez-nous comment cela s’est fait ?
C’est la MAA qui m’a officiellement approchée il y a de cela quelques mois. Ayant été moi-même athlète pendant de longues années, je connaissais déjà les membres de l’association. J’étais donc en terrain connu et dire oui à cet appel était une manière pour moi de rendre à l’athlétisme ce qu’elle m’avait donné. Même si tout cela était complètement nouveau pour moi, je me sentais privilégiée d’avoir été choisie. Cela voulait dire que l’on me faisait confiance pour mes capacités de gestionnaire à ce niveau de projet et cela m’a donc encouragée à accepter ces responsabilités avec une certaine sérénité, sachant que la MAA serait à mes côtés.
— Ayant justement été athlète, cela vous aide-t-il aujourd’hui dans votre nouveau rôle ?
Sans hésitation, je dirai oui. Je me retrouve certes de l’autre côté de la barrière, avec une responsabilité complètement différente de celle de l’athlète, mais l’expérience acquise pendant ces longues années m’aidera certainement dans cette nouvelle aventure. Je suis aussi consciente de la responsabilité qui nous a été confiée et nous sommes prêts à répondre aux attentes de l’AMA. Personnellement, des championnats réussis sont des championnats où l’athlète est valorisé avant toute chose. Une valorisation qui passe par une aire d’échauffement correcte, une piste de compétition digne de ce nom, des aménagements d’hygiène, une alimentation équilibrée et un support médical entre autres.
— Quel est votre feeling à quatre mois de la tenue de ces championnats ?
Nous sommes sereins, car les choses avancent dans la bonne direction. Certes, il reste encore beaucoup de travail à faire, mais nous sommes dans les temps. Le comité mis sur pied depuis septembre est dynamique. Les sponsors sont présents et j’estime que c’est de bon augure.
— Etes-vous satisfaite de ce qui a été réalisé jusqu’ici ?
Je le suis. Il n’empêche qu’il faudra mettre les bouchées doubles et faire de ces championnats une réussite auprès des écoles. C’est notre souhait dans le sens où cet évènement est destiné aux jeunes de 16-17 ans. Pour ce faire, nous souhaitons travailler de concert avec le ministère de la Jeunesse et des Sports et celui de l’Education. L’objectif est de faire participer pleinement les jeunes des écoles de Maurice et celles des régions de Réduit et Moka dans cet événement.
— Votre vision de ces championnats se veut donc innovatrice…
Notre vision est très simple et repose sur un thème précis : « Une école = un pays ». Notre objectif est d’encourager les élèves de Form IV et V à travailler sur des exposés sur le sport, en particulier l’athlétisme au niveau africain.  L’idée est aussi d’organiser un concours entre les écoles qui, nous estimons, pourrait apporter une connaissance culturelle et sportive des pays d’Afrique et, dans la même foulée, créer un engouement pour le sport, en particulier l’athlétisme dans notre pays. Nous aimerions faire connaître davantage cette discipline aux jeunes, afin qu’ils viennent en nombre au stade pendant les quatre jours de compétition pour soutenir la sélection de Maurice. En somme, ce sera le challenge à relever. Mais pour que ce projet soit une réussite, il est très important que nous ayons le soutien des maitres d’écoles et des ministères concernés.
— Dans le passé, d’autres ont essayé de faire bouger en masse les jeunes à travers de pareilles compétitions, sans pour autant y parvenir. Vos commentaires…
Je dois dire que nous avons beaucoup travaillé au niveau du marketing pour nous donner des chances de réussir. Nous aurons d’ailleurs l’honneur d’accueillir le grand reporter sportif et passionné d’athlétisme qu’est Patrick Montel (en accord de principe) pour l’animation de l’événement. Nous aurons aussi l’immense plaisir de recevoir Sergueï Bubka, champion du monde et champion olympique du saut à la perche de 1983 à 2003. Nous espérons que la présence de ces illustres personnalités constitueront une source d’inspiration pour nos jeunes et sauront motiver les mauriciens à venir au stade. Nous travaillerons avec les médias, afin de promouvoir l’événement auprès du grand public et des jeunes surtout. Faire découvrir le plaisir de pratiquer l’athlétisme est un must, afin que notre pays soit fier de sa jeunesse en bonne santé.
— Qu’est-ce qui a été prévu au niveau de la préparation de la sélection nationale en terme de stage résidentiel ?
Le travail de notre comité se limite uniquement à l’aspect organisation. C’est une antenne différente qui se charge de la préparation. Il y a eu plusieurs stages de préparation depuis quelques mois et j’ai personnellement eu l’occasion et la joie de rencontrer les athlètes de la présélection.
—Parlez nous de la petite équipe qui vous entoure au niveau de l’organisation ?
Le COCAD 2015 est constitué d’une vingtaine de membres, tous bénévoles et amoureux de l’athlétisme. C’est un amalgame d’anciens et de nouveaux. J’aime bien le concept de continuer avec les anciens, ceux qui ont de l’expérience, qui connaissent bien la machine et qui sont bien rôdés. J’aime aussi cet échange avec les nouveaux. Ils se lancent dans cette aventure avec beaucoup d’enthousiasme. Ils apportent de nouvelles idées et ont cet esprit d’ouverture. Je profite de l’occasion pour remercier toute l’équipe qui m’entoure pour son dévouement, sa détermination et son engagement à la chose sportive. Chacun assume sa part de responsabilité et c’est un réel plaisir de travailler avec tout ce beau monde !
— Organiser des championnats de cette envergure nécessitera un budget de combien ?
C’est un gros budget de 8,5 M qui a été identifié pour organiser cette compétition.
— Et quel a été le response des partenaires financiers jusqu’ici?
Notre appel a été bien accueilli. Le travail continue et nous comptons boucler ce dossier d’ici fin janvier. J’espère pouvoir rencontrer le ministre de la Jeunesse et des Sports (Ndlr : Yogida Samynaden) le plus tôt possible, pour lui en parler. Je profite de l’occasion pour remercier les firmes qui ont répondu favorablement et avec générosité à notre appel. Sans finances, il n’y aurait pas de championnats.
— Ils sont combien à avoir accepté de soutenir l’organisation ?
A ce jour, nous comptons sur le soutien du MJS, de la Confédération africaine d’Athlétisme, de deux sponsors principaux qui sont ENL Group et Panagora (la marque Bega), et aussi dune dizaine d’autres qui sont IBL Group, Margarine Industries, la clinique Fortis Darné, KFC, T Printers et Sofap. Je les remercie tous vivement en attendant la signature des contrats prévue d’ici fin janvier.
— L’AMA a l’habitude d’organiser ce genre de manifestation sportive. Est-ce pour vous une pression supplémentaire que d’être à la baguette ?
Pas du tout. Bien au contraire, je me sens motivée. La fédération est  comme un soutien pour moi, voire une partenaire. Cela se passe très bien et nous travaillons tous en étroite collaboration pour la réussite de ces championnats.
— Cela vous dit quoi de travailler pour l’organisation d’une compétition de jeunes ?
C’est très sympa ! Ca me renvoie à mes souvenirs de jeunesse ! J’ai besoin de ce contact avec les jeunes et, même si ma place n’est pas dans la sélection à proprement dit, j’aime les rencontrer. Il est important pour moi de faire leur connaissance, de leur parler, de les écouter et de les encourager. Qu’ils puissent voir en notre comité des personnes qui les aiment et qui veulent leur donner le maximum de chances de réussir dans leur carrière sportive et aussi en tant que citoyen.
— Votre message justement à ces jeunes ?   
Je leur dirai qu’avec l’athlétisme, vous êtes préparés pour la vie ! Dans l’effort, vous trouverez la joie, la vraie. Dans la douleur de l’entrainement, vous gagnerez la persévérance. Dans la victoire, vous goûterez à la reconnaissance. Dans la défaite, vous apprendrez l’humilité et dans la compétition, vous connaitrez le combat…Tant de valeurs qui vous guideront dans la vie et qui vous permettront de l’affronter et de vivre heureux ! Toute l’ile Maurice est avec vous et vous soutiennent. Travaillez dur et sans relâche ! Vous êtes l’Avenir !