Quatre à la suite pour Mohammad Dookun dans la ligue de cross-country dont c’était la 4e et ultime étape samedi au pied de la Colline Candos. Le coureur de La Brasserie s’est offert pour la deuxième année d’affilée les titres de champion national et du Challenge Vital. Si cette victoire était attendue, celle remportée par Fabienne St Louis l’était bien plus dans la course élite dames. La triathlète a dominé Antoinette Milazar, Aurélie Agathin et Prisca Manikion.
Samedi, sous un ciel pluvieux et sur un gazon vite transformé en bourbier, Mohammad Dookun, Christophe Mootoosamy et Nicolas Boissèque s’élancent dans une course de 10 km qui s’annonce de loin à sens unique, comme les précédentes pour Dookun. Et bien que ses plus proches poursuivants tentent de s’accrocher dans la première moitié du parcours, ils sont vite être dépassés par le rythme insoutenable qui leur est imposé jusqu’à deux tours environ de la fin quand, curieusement, Mohammad Dookun donne l’impression de ralentir, ce qui permet à Christophe Mootoosamy de recoller. Quant à Boissèque, il a déjà abandonné la partie.
Le deux hommes de tête effectueront la dernière boucle côte à côte, Dookun courant parfois même en retrait, jusqu’à ce qu’il se réveille subitement sur les derniers hectomètres pour boucler sa course dans un sprint des grands jours, laissant loin derrière Mootoosamy. Que s’est-il passé au juste ? « Je me suis senti un peu moins à l’aise après m’être tordu la cheville droite. J’ai préféré gérer et ne pas prendre de risque. Cela a donc permis à Christophe de revenir », explique Mohammad Dookun une fois la course terminée.
« Quand il s’est rapproché, je n’ai pas paniqué. Je savais que je pourrais gagner au sprint. Mais je crois aussi que mon adversaire est assez fort et que s’il bénéficie tout comme moi d’un stage, il pourrait devenir meilleur. Nous avons tous besoin de plus de frottements pour nous améliorer », souligne-t-il. Il lui reste maintenant à gérer les deux semaines qui vont suivre afin d’arriver aux championnats d’Afrique en pleine possession de ses moyens. Il n’écarte pas la possibilité de s’aligner à une course de 3 000 m prévue samedi.
Quant à Christophe Mootoosamy, 27 ans, il avoue s’être senti « mieux au fur et à mesure que la course se déroulait, mais je n’ai pu m’accrocher sur la fin. » Tout comme Mohammad Dookun, il est à la recherche d’un emploi après la fermeture depuis décembre de la section où il était embauché dans une compagnie à Grande-Rivière. « J’espère que l’appel que nous lançons sera entendu. »
« C’est dur de mener du début à la fin », s’exclame pour sa part Fabienne St Louis. Son duel très attendu avec la Rodriguaise Antionette Milazar et Prisca Manikion n’a finalement pas vraiment eu lieu tant elle s’est avérée intraitable. Mais elle s’est offert surtout une précieuse victoire en vue de sa prochaine participation aux championnats d’Afrique de triathlon prévue le 20 mars à Buffalo City à East London (Af.Sud).
De retour d’une course de triathlon qu’elle a remportée une semaine auparavant en altitude au Zimbabwe, elle avoue que « la fatigue commence maintenant à se faire sentir. » « Je n’ai pas encore bien récupéré car aujourd’hui (samedi dernier), ça a secoué, mais je suis contente de ma course. Je n’avais pas encore couru contre Prisca ni contre Antoinette. Donc, il fallait attendre le premier tour pour voir comment cela se passerait. »
« On a couru ensemble jusqu’au 2e tour quand j’ai creusé l’écart. Mais je l’ai payé dans le 3e quand j’ai senti Antoinette m’attaquer. J’ai alors entamé l’avant-dernière fois la descente. Elle s’est rapprochée. On m’a dit que si on était ensemble, elle me battrait. J’ai donc tout fait pour ne pas être avec elle. J’ai alors effectué la dernière montée à fond et récupéré un peu dans la descente avant de repartir. Après, je ne me suis plus retournée. Cela fait plaisir de gagner », savoure la triathlète, également vainqueur de la première manche.
Dans les autres catégories, ceux qui ont réalisé le sans-faute sont Anatasia Mars (poussines), Angélica Natchoo (cadettes), Gopalen Ramasawmy (cadets) et Laval Marjolin (vétérans). Nous y reviendrons.