Avec une nouvelle médaille d’or remportée au lancer du marteau hommes, Nicholas Li Yun Fong est devenu l’un des rares, voire même le sportif mauricien le plus titré, toutes disciplines confondues sur quatre Jeux des Iles d’affilée. Remplaçant en 1998 à l’île soeur, il a par la suite connu un rayonnement sans précédent dans son épreuve de prédilection à Maurice en 2003, à Tana en 2007, à Mahé en 2011 et enfin au stade de  St Paul Réunion le lundi 3 août dernier. 2019 n’est pas une perspective lontaine…
Un cinq à la suite sera du jamais vu aux Jeux des Iles. « Il me faudra  sortir la cravache. Mais c’est effectivement très tentant, car jamais personne n’a décroché cinq médailles d’or à la suite dans toute l’histoire des Jeux des Iles. Si je peux encore lancer avec des performances valable à 58 m, alors pourquoi pas! Le temps va en décider. Avec le boulot, il faudra vraiment trouver le temps pour s’entraîner un peu plus que j’ai eu à le faire pour répondre présent cette année à la Réunion », avoue l’incontournable athlète.
A 33 ans, Nicholas Li Yun Fong s’était propulsé sur la scène internationale lors de son sacre continental en 2001à Réduit, aux Championnats d’Afrique juniors. A l’époque, il s’entraînait tel un forcené avec l’idée et l’ambition de faire carrière dans cette épreuve. Le 3 juillet  2003 à Réduit, il établissait ainsi la meilleure marque nationale qui se situe toujours à 63,64 m.
Cependant, il ne deviendra pas ce lanceur de très haut niveau tel qu’il aurait souhaité. Sa carrière connaitra des hauts et des bas … Ses études universitaires terminées en 2005, il abandonna ses ambitions, mais continua toutefois à s’entraîner et gérer le niveau qu’il avait atteint. « Le marteau, c’était toujours ma passion, c’est pourquoi j’ai voulu continuer en dépit des circonstances.»
Avant lui, Il y a eu bien entendu des sportifs des Iles de l’océan-Indien à avoir accroché quatre médailles d’or, non d’affilée. On citera, par exemple, le Réunionnais Stephan Nativel qui avait été titré au disque en 1993, 2003, 2007, 2011 et …médaillé d’argent jeudi dernier au stade de St Paul. Autant dire que le record est toujours à prendre.
Rentré en début de semaine du périple réunionnais, Nicholas Li Yun Fong a repris dès le lendemain le train train quotidien. Ingénieur de formation, il s’est mis à son propre compte et a ouvert en 2009 à Roches-Brunes, sa petite entreprise, Civelmec Groupe Ltd qui se spécialise dans le service de batîment en méchanique et électrique. Il a également repris l’entraînement mardi après-midi en vue de sa prochaine participation aux Jeux d’Afrique prévus du 4 au 12 septembre au Congo-Brazzaville. Il a confié deouis l’an dernier à Eric Milazar le soin de le préparer physiquement pour le défi réunionnais alors que Jacques Ramtanon s’est  chargé du volet technique.  
Pour des raisons diverses, Nicholas Li Yun Fong ne fait pas partie depuis l’an dernier des sportifs bénéficiant du soutien du High Leval Sport Unit depuis 2014. Mais il a quand même bien réussi à offrir à son pays la médaille d’or, alors que d’autres qui ont été soutenus dans leur préparation n’ont pas forcément réussi. S’il savait qu’il allait aborder la compétition en tant que grand favori, il savait aussi que rien n’était gagné d’avance. « En 2011 à Mahé, j’ai remporté l’or avec 51 m contre 58,75 m cette année. Je me suis entraîné autant que possible pour prouver que je pouvais encore gagner. Je savais que j’en étais encore capable, même si ça été plus difficile avec le Réunionnais Morgan Salambeau Del Todesco, 2e avec 56,32 m. Car mes trois précédentes médailles d’or ont été remporté avec une marge d’écart plus comfortable. Et c’est pourquoi j’ai une petite préférence pour cette 4e médaille d’or», savoure-t-il. .  
Repondra-t-il présent en 2019 pour un cinquième titre? Peut-être. Mais toujours est-il qu’il est à ce jour, le seul à faire joujou avec l’engin de 7,26 kg. Déjà quatre titres: qui dit mieux !