Une semaine seulement après avoir battu le record national du poids pour le porter à 17m52 à Thaon-les-Vosges, soit 17 centimètres de mieux que l’ancien, le lanceur Bernard Baptiste, a encore frappé. Le Rodriguais s’est, en effet, distingué avec un 17m62 réalisé, cette fois, lors des championnats de France interclubs, dimanche dernier à Sarreguemines. Désormais, il envisage d’abord les 18m et ensuite les 18m30, une performance qui l’emmènera alors aux XXIes Jeux du Commonwealth, prévus du 4 au 15 avril 2018 à Gold Coast dans l’État du Queensland, en Australie. À noter que Bernard Baptiste est le premier Mauricien à lancer au-delà des 17m.
Le docteur Baptiste voit loin et en grand. Si en mai de l’année dernière, il déclarait à Week-End que son objectif était de lancer au-delà des 17m50, cette fois, il a décidé de franchir un autre palier. L’objectif est désormais de lancer à 18m30, voire plus loin. « Je suis très content d’avoir, une fois encore, battu mon propre record national et surtout de dépasser les 17m50, qui était un objectif déclaré depuis l’année dernière. On va dire désormais que je suis dans un désert et que j’ai envie d’une gorgée d’eau. Je deviens un éternel insatisfait. Si j’arrive à 18m30 ce sera alors comme posséder une piscine en plein désert. Je serai satisfait pendant toute ma vie », a déclaré Bernard Baptiste, lorsque nous l’avons contacté au téléphone à Nancy en France, en milieu de semaine.
Pour Bernard Baptiste, c’est le travail dur et continuel qui est en train de payer.« J’avais placé la barre à plus de 17m50, l’année dernière, et atteindre aujourd’hui cet objectif est dans la suite des choses. Un autre travail technique a été entamé avec pour objectif d’atteindre, dans un premier temps, les 18m et ensuite les 18m30 », a-t-il fait remarquer. Comment se sent-il après avoir franchi un nouveau palier? « So far, so good. Mais lekor pe kraz kraze avek sa bann lantrennman-la », ajoute-t-il. Ce qui est tout de même intéressant, a-t-il ajouté, ce sont les installations en place à Nancy et qui lui permettent de récupérer comme il se doit après de gros efforts.
Installations à proximité
En effet, toutes les infrastructures sont à pratiquement de 5 à 10 minutes d’intervalle. « De ma chambre pour aller manger, il n’y a que cinq minutes à faire et 10 minutes pour aller au gymnase. Le stade n’est pas loin et faire tout cela dans un petit périmètre est un très gros avantage pour moi », a-t-il souligné. Ce qui n’est pas le cas à Maurice où il doit d’abord bouger de Curepipe à Réduit en bus pour aller s’entraîner et ensuite retourner à la maison avant de bouger à Trianon pour les séances de travail au gymnase, puis à Réduit pour une autre séance de lancer avant de revenir à la maison à Curepipe dans la soirée. « Ce n’est guère évident de bouger d’un bout à l’autre et qui plus est, sur un aussi long parcours. Ici en France, tout est à portée de main. C’est là toute la différence », a-t-il fait remarquer.
 Bernard Baptiste a ainsi déclaré être très à l’aise dans ces conditions où il peut aussi profiter d’un bain froid et des séances de sauna pour récupérer très rapidement. « Je peux certes profiter de ces conditions au Moving Gym de Trianon, mais la différence, ici à Nancy, c’est que je n’ai pratiquement pas à bouger pour tout cela », a-t-il souligné.  Pour ce qui est de son programme d’entraînement, le Rodriguais indique qu’il travaille toujours à distance auprès du préparateur physique sud-africain, Joshua Capazorio. « Je n’ai plus besoin d’être régulièrement en contact avec Joshua. J’ai déjà un programme échelonné sur six mois et, avec Jacques Ramtanon, mon entraîneur, nous faisons des ajustements là où cela s’impose. Je ne communique avec Joshua que lorsque c’est nécessaire. On peut effectivement dire que je suis devenu, en quelque sorte, autonome », a-t-il fait remarquer.
Un appel aux sponsors
Le lanceur a ajouté qu’avant les Jeux du Commonwealth, son objectif est de réaliser de beaux Jeux de la Francophonie, prévus du 21 au 30 juillet, à Abidjan en Côte d’Ivoire. Et que voulait-il dire lorsqu’il nous parlait de réaliser quelque chose de grand à ces Jeux?? « Ce serait d’abord de faire mieux en termes de performance. Je m’étais fixé d’aller au-delà des 17m50, et de battre encore mon record serait déjà quelque chose de bien », a-t-il dit. Et pourquoi ne pas encore améliorer ces 17m62 dès dimanche prochain au cours de sa troisième compétition en France?? « Pa kone. Sa depann lor seki Lao dir (rire)», a-t-il précisé. Et qu’en est-il de sa fin de carrière qu’il avait programmée pour 2019 après les Jeux des îles de l’océan Indien à Maurice?? « Allons dire que ce sera, au pis allé, jusqu’à 2020. »
Pour conclure, Bernard Baptiste a tenu à remercier son entraîneur Jacques Ramtanon pour son soutien, mais aussi Moving Gym et Ultimate Sports Nutrition Mauritius. « Grâce au soutien de ces deux partenaires financiers, j’arrive à avancer. Je fais un appel à d’autres firmes de me soutenir, car cela m’aidera à aller encore plus loin. »