L’organisation du 6e meeting africain des épreuves combinées qui coïncident cette année encore avec le meeting international d’athlétisme prévus les 18 et 19 avril au stade de Bambous est déjà dans une phase très avancée. À deux semaines de l’événement, la liste des athlètes étrangers engagés est presque finalisée. Mais seules sept épreuves internationales ont été retenues. Par contre, les épreuves faisant partie du volet régional restent sous réserve.
La piste sud-américaine et celle des États-Unis ont été définitivement abandonnées en sprint, concède le président du comité d’organisation de l’événement, Stephan Buckland. Le coût du déplacement étant trop élevé, sans parler des moyens financés limités. Mais quelques athlètes européens et africains possédant des références valables seront bien là pour rehausser le plateau dans les épreuves internationales, notamment aux marteau (h), 1 500 m (h), 800 m (d), 100 m (d), 400 m (h-d) et 200 m (h).
Toutefois, ces épreuves ne réservent chacune qu’une seule place aux athlètes locaux, comme c’est couramment le cas dans tout meeting international, explique Stephan Buckland en réponse aux frustrations que cette limitation semble provoquer en général dans les rangs des athlètes locaux. Ces derniers estiment que cette décision compromet considérablement leurs chances de se qualifier pour les Jeux de la Francophonie (6-15 septembre à Nice), événement phare pour lequel ce meeting est d’ailleurs organisé.
Quel intérêt, en effet, d’organiser un meeting international à Maurice sans donner la chance aux athlètes locaux, les plus capables bien sûr, d’en profiter pour réaliser les minima ? « Je peux comprendre leur frustration. Mais nous ne pouvons réserver qu’une seule place au meilleur athlète local homme ou femme dans chaque épreuve. C’est ce qui se fait dans tous les meetings internationaux. Mais s’il reste de la place, pourquoi pas ? Tout dépendra des entrées et du nombre d’athlètes étrangers qui confirmeront leur participation », fait-il ressortir.
Et de pester que, « de toute façon, je n’ai vu aucun athlète mauricien ces dernières années réaliser les minima que ce soit en vue des Jeux Olympiques, des mondiaux et autres Jeux de la Francophonie. Si nous faisons de la place pour deux ou trois athlètes mauriciens par épreuve, il ne s’agira plus d’un meeting international. »
Déception des athlètes locaux
D’autres épreuves telles le lancer du disque et le saut en longueur hommes ne figurent pas dans le volet international, à la déception des spécialistes locaux. « Pour le disque, les moyens financiers font défaut et nous le regrettons. Mais au saut en longueur, on n’a vraiment aucune récente référence valable. On a bien obtenu une demande d’inscription d’un Égyptien qui vaut 7,70 m, mais on ne peut organiser un concours international avec un seul athlète étranger, sans parler qu’on doive lui payer son billet. Et puis, on veut éviter ces athlètes étrangers qui acceptent leur billet mais qui une fois à Maurice ne respectent pas leur engagement pour une raison ou une autre », réagit Stephan Buckland.
Reste que la situation est différente au 400 m hommes où, hier même, un coureur sud-africain exprimait en fin de matinée par courriel à Stephan Buckland son intérêt d’être inscrit, disant qu’il valait 45”54, chrono réalisé l’année dernière. « Nous comptons considérer ce cas, car il en vaut la peine. Nous disposons déjà de pas mal de coureurs étrangers pour cette épreuve, ceux-ci valant 45”25, 45”45, 46”06, 46”50, 46”80 sans compter que l’on doit réserver une place à un athlète étranger du centre d’entraînement de haut niveau du Ciam (ndlr : le Zambien Savior Kombe avec ses 46”88) et une autre pour le meilleur coureur mauricien du moment, en l’occurrence Orwin Émilien, qui a couru en 48”02. » Seuls les trois premiers de chaque épreuve internationale seront récompensés par des primes de $ 1 000 (?Rs 30 000), $ 700 et $ 500.
Toutefois, si les minima de Nice au 400 m hommes sont de 46”64, l’âge minimum requis pour la participation des athlètes est de 18 ans au 1er janvier de l’année des Jeux. Ce qui pourrait mettre en doute l’éligibilité du junior Orwin Émilien dans le cas où il réaliserait les minima. Quoi qu’il en soit, le comité d’organisation du meeting va se réunir le 3 avril pour passer en revue la situation. Une compétition est aussi prévue le 6 avril à Bambous pour décider à qui reviendra finalement l’unique place réservée au meilleur athlète local dans chaque épreuve.
S’agissant du meeting africain des épreuves combinées, neuf concurrents devraient s’affronter au décathlon et quatre à l’heptathlon. Le podium des derniers championnats d’Afrique 2012 au Bénin sera de nouveau réuni avec le Malgache Ali Kamé, champion d’Afrique en titre et double vainqueur du meeting ces deux dernières années, son dauphin l’Algérien Mourad Soussis et le Mauricien Guillaume Thierry (bronze). La venue du Sud-Africain Willem Coertzen, 9e aux JO de Londres l’an dernier avec 8 173 pts, est aussi en vue. Mais on ne sait si on retrouvera le Malgache aussi en forme qu’il ne l’était il y a deux ans car il ne fait plus partie du Ciam.
À l’heptathlon, la Belge Nafisatou    Thiam, 2e l’an dernier derrière la Ghanéenne Margaret Simpson, sera de retour.