Le triple sauteur Jonathan Drack effectue une percée exceptionnelle au classement mondial en salle de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF). En effet, le Mauricien pointe provisoirement à la première place avec une performance de 16,44 m. On se souvient que cette marque, qui représente son record personnel en salle, lui avait offert le titre le 9 janvier dernier en France à Aubière lors du meeting international des Volcans.
C’est pour le moins un début d’année époustouflant pour le Toulousain du CA Balma, 11e avec 16,64 m le 27 août dernier aux championnats du monde de Pékin. Jonathan Drack avait réussi la veille 16,79 m en guise de saut qualificatif, terminant 9e. C’est dire que le triple sauteur mauricien est bien parti pour une saison prometteuse dont le point d’orgue sera sans doute les Jeux Olympiques de Rio (5-21 août) pour lesquels il s’est déjà qualifié.
Mais pour l’heure, l’athlète de 27 ans domine le classement mondial de l’IAAF. Il devance deux Américains, en l’occurrence Eric Sloan, qui fut crédité de 16,43 le 16 janvier à Seattle, et Félix Obi auteur, auteur de 16,36 m le 23 janvier à Lexington. L’Espagnol Sergio Solamos avec 16,30 m réussis le 16 janvier à Madrid et le l’Ukrainien Viktor Yastrebov qui se distingue avec 16,29 m complètent ce top 5 mondial en ce mardi 26 janvier 2016. Notons que ce classement a été mis à jour hier et peut évoluer dépendant des performances qui seront au fur et à mesure réalisées au cours des meetings internationaux de la saison en salle.
Cela fait exactement douze ans que l’athlétisme mauricien avait quasiment disparu du gratin mondial. Le dernier et le seul à avoir occupé le rang de n°1 mondial fut le sprinter Stephan Buckland au 200 m. C’était le 1er juillet 2004, l’année des Jeux Olympiques d’Athènes, où il avait également enchaîné les fantastiques meetings de la Golden League en triomphant même dans l’étape romaine. Buckland termina cette année-là année 5e au bilan de l’IAAF et 7e l’année suivante après avoir fini 4e en 2003. Le nom d’Éric Milazar, spécialiste du 400 m et triple champion d’Afrique de l’épreuve, peut être aussi cité comme ayant fait partie du top 10 mondial durant ces mêmes années.
Depuis, l’athlétisme mauricien a perdu sa visibilité au classement mondial. Avec l’arrivée de Jonathan Drack, l’on peut souhaiter que cette discipline retrouve son rayonnement sur la scène mondiale. D’autant que le président de l’Association mauricienne d’athlétisme, Vivian Gungaram, se réjouit de la percée qu’effectue le triple sauteur.
« C’est une nouvelle génération après celle de Buckland et Milazar. Le temps a fait son oeuvre car c’était difficile d’enchaîner année après année parmi les meilleurs mondiaux. Avec Drack, l’athlétisme mauricien retrouve un peu de couleurs. C’est très encourageant de voir enfin quelqu’un monter au créneau, même s’il est le seul pour le moment. Il pourrait aider à tirer les autres vers le haut. C’est une bonne chose pour lui d’abord, car je sais les nombreux sacrifices auxquels il a dû consentir et le travail effectué pour en arriver là », nous a-t-il déclaré.
Jonathan Drack sera engagé aux mondiaux en salle prévus du 17 au 20 mars au Oregon Convention Centre de Portland aux États-Unis, puis aux championnats d’Afrique prévus du 22 au 26 juin à Durban en Afrique du Sud. Son record national situé à 16,96 m (vt +1,5 m/s) avait été réalisé le 29 juillet 2015 au Meeting de Castres en France. Mais il avait déjà franchi la ligne des 17 m aux derniers Jeux des îles à La Réunion en s’imposant avec 17,05 m, aidé d’un vent favorable de +3,6 m.