Il n’y a pas eu de suspense. Mohammad Dookun a réduit l’opposition à néant lors de l’ouverture de la Vital Cross-Country League disputée samedi au Sodnac Wellness Park à Candos. Le coureur de La Brasserie s’est livré à un cavalier seul sur presque la majeure partie du parcours de 8 km bouclé en 25’45 loin devant Christophe Mootoosamy, alors que Jean-Luc Vilbrim est revenu de l’arrière pour surprendre Nicholas Boissèque. Dans la course féminine, on attendait Aurélie Agathin, mais c’est la triathlète Fabienne St Louis qui lui a volé la vedette pour s’imposer au bout des 5 km.
Cette première manche a levé un coin du voile sur les forces en présence dans les deux catégories les plus prisées. Si Fabienne St Louis devait s’aligner aux quatre prochaines manches, il faudrait vraiment que ses adversaires se surpassent pour espérer faire bonne figure. À bien y voir, samedi, la triathlète est venue donner une petite leçon à toutes celles qui devraient normalement, en tant que spécialistes du demi-fond, lui faire subir leur domination. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. D’autant que la triathlète s’est laissé volontiers tirer sur l’ensemble des trois boucles du circuit par son coach David Bardi, qui concourrait sur la même distance mais dans la catégorie vétérans hommes.
« Je suis partie sur mon rythme, au train, un peu au ralenti. À la base, je voulais rester derrière les prétendantes. Cela s’est bousculé un peu au départ. Mais la course s’est décantée dans la descente. Curieusement, je me suis retrouvée devant et j’ai vu que je pouvais garder cette position jusqu’à la fin », confie simplement Fabienne St Louis, qui se trouve actuellement en pleine préparation en vue des championnats d’Afrique prévus le 20 mars à Buffalo City, Port Elizabeth.
Sera-t-elle présente à la deuxième manche qui se courra ce dimanche à la plage de St Félix ? « Tout dépend si cela cadre avec ma préparation. Le cross impose un rythme assez rapide qui peut effectivement m’aider à améliorer ma vitesse. » Spectatrice avertie samedi, Prisca Manikion, la championne de la ligue en titre, a par contre annoncé qu’elle sera bien au départ à Bel Ombre et peut-être aux autres manches qui suivront.       
Dans la course des as, Mohammad Dookun sait que, désormais, il ne devra compter que sur lui-même pour animer les prochaines courses, sauf si l’opposition décide de mieux réagir. Samedi, Christophe Mootoosamy s’est quand même affiché en terminant dans le sillage du leader incontesté devant le marathonien Jean-Luc Vilbrim et Nicholas Boissèque. Dookun a mis ses plus proches poursuivants dans le vent dès l’entame du deuxième tour du circuit. Il s’est envolé tout seul vers la victoire.
« Même en gagnant de cette façon, on ne peut dire que ça a été facile. C’est toujours difficile d’imposer un rythme soutenu jusqu’à la fin. C’est vrai que ça ressemble à un contre-la-montre personnel. Mais Christophe n’est pas bien loin. Il est aussi un bon élément. En fait, je voulais terminer sous les 25 minutes. Mais je ne m’en suis pas senti capable. Ce n’est pas grave, j’ai pu quand même me maintenir sur un rythme assez élevé », a indiqué le jeune champion, qui aura 23 ans le 20 juillet.
Cette victoire le met définitivement en confiance pour ce qui va suivre. « Je sais que, désormais, je serai attendu car tous les autres savent comment cela va se dérouler, d’autant que nous enchaînerons les étapes chaque semaine. »      
S’il remercie son coach Frankie Lebon, Mohammad Dookun remercie également Cirozah Cadinouche, qui aura financé son stage au Kenya. Il a aussi eu une pensée spéciale pour son camarade Paramasiven Saminaden, champion national de cross 2014, qui est actuellement blessé, et pour l’haltérophile Yvan Pierrot, disparu récemment de manière tragique.