Rien n’est joué dans la ligue de cross Vital. Samedi au MGI, Moka, c’est l’outsider Mohammad Dookun qui est venu mettre tout le monde d’accord en s’imposant au sprint à l’arrivée de la troisième manche face à Nicolas Boissèque. Paramasiven Sammynaden, qui avait émergé de la manche d’ouverture aux Casernes (Curepipe), complète le podium devant Jean-Luc Vilbrim et Kevin Narain, vainqueur de la 2e étape à Médine. Ce qui fait qu’on se retrouve avec trois gagnants différents en trois sorties. Du jamais vu dans les annales du cross national, avoue Menon Ramasamy, lui-même multiple champion de l’événement. En féminin, Prisca Manikion a repris les commandes, mais Annabelle Lascar a fait l’impasse.
Kevin Narain était très attendu au tournant par ceux-là qu’il avait tant fait souffrir à Médine lors de son cavalier seul. Mais celui-ci vit tous ses espoirs s’envoler lorsqu’il chuta à peine après le départ au sein du peloton. Sammynaden, Boissèque, Dookun et Christophe Mootoosamy prendront alors les devants et ne seront jamais rattrapés par Narain, qui tentera vainement le tout pour le tout. La course à l’avant se résumait désormais entre quatre hommes, puis trois, lorsque Mootoosamy fut lâché à son tour. En tout cas, Sammynaden, Boissèque et Dookun étaient bien décidés à faire souffrir l’opposition.
Le trio survola sans coup férir la plus grosse partie du parcours foulée contre foulée. Derrière, Jean-Luc Vilbrim, le champion en titre, revenait fort sur Narain et Mootoosamy. Mais l’allure rapide imposée à l’avant par Sammynaden tenait bon. Il sera par moment relayé par Boissèque, tandis que Dookun, jeune premier, mais pas aussi expérimenté, se contentera de s’accrocher à leurs talons.
Le trio caracola toujours en tête, mais on sentit que l’allure avait fléchi légèrement jusqu’à environ un tour de l’arrivée, quand Boissèque décida de passer seul à l’offensive. Il avait commencé à prendre son envol quand il se retourna pour voir où se trouvaient ses plus proches poursuivants, notamment Sammynaden, son coéquipier. Mais ce dernier avait décroché. Dookun y trouva lui l’occasion pour recoller… Le tournant de la course, car c’est bien lui qui profitera finalement de la complicité des deux hommes de tête.
Boissèque et Dookun dévaleront donc la dernière fois la longue descente ensemble et on savait dès lors que la victoire se jouerait au sprint et que Boissèque, après avoir mené pratiquement toute la course, avait de toute évidence moins de chance de faire la différence. Lancé de loin et à fond, le sprint se décanta en faveur de Dookun, qui y signa sa première victoire. Deuxième aux Casernes et troisième à Médine, il est désormais bien placé pour son premier sacre en ligue.
Expérience
« Au dernier kilomètre, je me suis dis que le plus fort de nous gagnerait. Je savais que ça allait se jouer au sprint. Étant moins expérimenté, j’ai préféré rester en retrait et suivre le rythme. Mais je visais une victoire d’étape après ma grosse déception subie la semaine dernière. Cela dit, rien n’est joué, car il reste deux courses dont l’étape 4 à Candos que je ne connais pas. Il s’agit de bien récupérer pour mieux l’aborder », pouvait effectivement savourer Mohammad Dookun (21 ans) après sa victoire.
Nicolas Boissèque avait du mal à cacher sa déception. « Je n’étais pas là pour gagner, mais pour faire un podium. C’est une course qui m’a permis de voir où j’en étais dans ma préparation. » Et qu’en a-t-il déduit justement ? « Je ne suis pas encore au top à 100%… J’ai juste lancé le sprint. Et quand j’ai vu Dookun me passer, je l’ai laissé faire… La semaine dernière Narain avait gagné par chance. »
Que pense-t-il de son coéquipier ? « Il est fatigué, mais il ne faut pas l’éliminer des championnats. Au contraire, car il a fait une belle course aujourd’hui (samedi) et m’a guidé. Je remercie mon coach Jacques Lebon, mon sponsor CEAL, Michel Rousset, William Domane, Jean-François Laganne, la famille Labery, Philippe Delaître, ma famille et Aurélie Agathin qui m’ont toujours soutenu. »
Quant à Paramasiven Sammynaden, il se disait « bien content de la course. Pour le titre de la ligue, c’est un peu dur avec une seule manche restante. Il faut viser plutôt le championnat. Aujourd’hui, l’objectif était de maintenir le rythme élevé sur 5-6 km. J’ai réussi, il me reste un petit réglage à faire pour combler le retard. Boissèque et moi avons effectué un travail d’équipe. Dookun en a juste profité, car je m’attendais que Boissèque gagne. »
La course féminine ne pouvait échapper à Prisca Manikion en l’absence d’Annabelle Lascar. Mais le vainqueur avoue toutefois que « j’étais venue pour la gagner et me racheter. Même si Lascar était là, j’aurais lancé la course à fond, contrairement à la dernière fois où elle m’a piégée par un faux rythme. Cette fois, j’ai couru et j’ai foncé et j’en ferai autant dimanche prochain à Candos. »
Attendons donc la prochaine sortie.