Les athlètes mauriciens les plus en jambes ont profité du plateau pour se montrer samedi lors du 21e Meeting international qui s’est tenu par beau temps au stade de Réduit. C’est Bernard Baptiste qui est monté au créneau en pulvérisant au 3e essai sa marque nationale au lancer du poids. Il a propulsé la boule de fer à 17,35 (ancien record 17,23 m), terminant 2e d’un concours très relevé où le Sud-Africain Ozario Cremona a frisé les 20 m en s’imposant avec 19,85 m.
Le plateau était de choix dans le concours du poids rehaussée par trois Sud-Africains valant tous plus de 17 m. Ayant déjà satisfait les minima des Jeux de la Francophonie (20-31 juillet), Bernard Baptiste en a bien profité, même si la fatigue s’est fait un peu sentir après trois semaines de stage intensifs à Pretoria avec les mêmes adversaires.
Après une première tentative ratée, il aligne les quatre suivantes à plus de 17 m (17,11 m, 17,35 m, 17,05 m, 17,19 m), pour terminer avec 16,76 m. Il remplit ainsi son contrat. « Je crois que c’est le plateau qui m’a motivé. C’est la première fois que je participe à un concours de ce niveau à Maurice. Pourtant, je les avais (les Sud-Africains) à Pretoria. Mais ici jamais. Bravo à la fédération pour l’initiative, car il fallait tout au moins qu’on les invite cette fois car ce sont eux qui nous invitent tout le temps », s’est-il réjoui.
« En fait je visais une bonne marque située dans les 17 m. Et la bonne technique est arrivée au bon moment. Le travail a fini par payer. Merci à mon coach, Jacques Ramtanon, mon sponsor Ultimate Sports Nutrition (USN) et tous ceux qui m’encouragent. » Le lanceur va s’accorder une semaine de repos avant de revenir à la charge. Il se situe désormais à un mètre des minima des Jeux du Commonwealth prévus l’an prochain à Gold Coast en Australie.
L’après-midi sera aussi marqué par la course effrénée de Mohammad Dookun au 1 500 m. Seul contre six Kenyans qui semblaient dévaler non à deux, mais à quatre jambes chacun la piste, il aura fallu à Dookun bien plus que toute sa détermination pour en venir à bout. S’accrochant malgré tout au rythme imposé par les petits hommes volants sur les deux premiers tours, il ne pourra jamais s’en détacher jusqu’à la cloche, quand la horde place un premier coup d’accélération qui, subitement, le dépose 10 m derrière, suivi d’un second donné à 200 m par Mark Bett, l’éventuel vainqueur. Celui-ci est crédité de 3’41″37 à l’arrivée.
Asphyxié, Dookun termine 6e, rate de peu les minima d’Abidjan, mais enregistre son temps le plus rapide de l’année. « Trois Kenyans auraient suffi, avec six ça devient trop compliqué. Je pouvais faire mieux car je me suis entraîné tout comme eux sur les bases de 3’45/3’47. Je ne suis pas fatigué, mais je dois aussi gérer le stress par rapport aux études. Je suis quand même satisfait. Il me reste encore deux courses, l’une à La Réunion le 15 avril et l’autre peut-être en Afrique du Sud les 20-22 courant. Merci à mon sponsor CEAL, mon coach Frankie Lebon et mon masseur Yannick D’Hotman. » Son record national se maintient à 3’46″22 couru l’an dernier au même meeting.
En début d’après-midi, le Lesothan Mosito Lehata (Ciam) a mis le meeting sur orbite en claquant un 10″15 dans l’épreuve reine, le 100 m hommes. N’était une petite alerte aux adducteurs, il aurait sans doute fait mieux, estime-t-il. « C’est seulement ma deuxième course de l’année après 10″40. J’ai travaillé durant les deux semaines suivantes et voilà les résultats. J’ai eu chaud avec cette petite douleur. Mais je suis satisfait », confiait Lehata. Quatrième en 10″51, le Mauricien Jonathan Bardotier maintient sa progression suivant ses 10″77 et 10″69 réalisées récemment (minima d’Abidjan 10″54 et AMA 10″45).      
De la même façon, Jessika Rosun s’est signalée au javelot, se montrant régulière à plus de 51 m (minima de l’AMA pour Abidjan 52m). Elle termine 2e avec 51,28 m après ses 51,46 m réalisés le mois dernier. Enfin, l’absence de la Botswanaise Amantle Montsho au départ du 400 m dames a pris tout le monde de court. L’athlète serait bien arrivée à Maurice, mais sans ses bagages, n’a pu que regretter le président de l’Association mauricienne d’athlétisme, Vivian Gungaram. Cette épreuve avait été annoncée comme l’un des temps forts de l’événement.