Parmi les apprentis jockeys qui sont en formation sous la férule de John Claite et Philippe Aumaître, il y a Atish Khoody. Âgé de 21 ans, ce jeune cavalier a l’avantage d’avoir une bonne connaissance de base et même goûté à l’ivresse de la victoire en deux occasions alors qu’il était en formation en Malaisie.
Originaire de La Flora, petite bourgade qui se trouve au centre du pays, Atish Khoody a toujours caressé le rêve de devenir jockey. Sa passion pour les chevaux, il l’a reçue de son père, qui l’emmenait souvent aux courses lorsqu’il n’était encore qu’un gamin. « C’est à partir de là que j’ai commencé à aimer ce noble animal », dit-il, un tantinet timide.
Ses premiers pas avec la race équine, il les a faits alors qu’il était toujours élève au collège Imperial. « Pendant les vacances scolaires, je montais aux Écuries du Domaine Les Pailles et au Club hippique de Maurice. Être au contact des chevaux m’a permis de connaître davantage le monde équin. »
Sa passion prenant le dessus et sa petite taille aidant, il a fini par décider qu’il sera jockey. Un jour, alors qu’il montait au Domaine Les Pailles, il a la chance de rencontrer Praveen Nagadoo, alors Stable Supervisor à l’entraînement Gujadhur et bras droit de Ramapatee Gujadhur. « C’est lui qui a fait des démarches pour que je monte les chevaux de la famille Gujadhur dans leur centre privé à Curepipe », se remémore-t-il.
Après cet intermède de quelques mois chez la casaque bleu électrique, il remet le cap sur Floréal, où il exerce comme trackrider à l’entraînement Rameshwar Gujadhur pendant un mois, avant d’embarquer pour la Malaisie, en compagnie d’autres jeunes Mauriciens, pour commencer sa formation. Dans l’avion qui l’emmène dans le sud-est asiatique, il y a Brandon Louis, Beelaal Deenath, Mayur Rashpassing et autre Yoven Daniel. Nous sommes alors en février 2014. « Je suis parti en Malaisie à mes frais, comme tous les autres apprentis, mais le Mauritius Turf Club, à travers Samraj Mahadia, s’est occupé des démarches administratives. »
2 victoires et 1 placé en 12 montes
En Malaisie, notre interlocuteur se rend vite compte que le métier de jockey n’est guère de tout repos. « J’y ai fait deux ans et demi, dont une année d’apprentissage. Après quoi, j’ai eu ma licence. C’était très difficile d’obtenir des montes mais j’étais déterminé à réussir. Je me suis donc accroché, surtout que l’écurie à laquelle j’étais affecté n’avait pas un effectif étoffé. Mais j’ai eu la chance de monter en freelance, ce qui m’a beaucoup aidé. En 12 montes, j’ai ramené deux victoires et placé », nous dit-il fièrement.
C’est en mars 2016 qu’il rentre définitivement au bercail. Mais il lui est difficile de trouver un job car le nombre d’apprentis jockeys est déjà conséquent. « Ce n’est qu’en septembre que j’ai pu trouver un point de chute grâce à Samraj Mahadia et Rye Joorawon, que j’ai eu la chance de rencontrer en Malaisie. Ils ont plaidé ma cause auprès de Soodesh Seesurrun pour que je puisse monter les chevaux de l’entraînement Rousset à Floréal et ce dernier a accepté. Cela fait plus d’un an que je suis affecté à cet établissement. »
Mardi 10 octobre, Atish Khoody a eu l’occasion de monter pour la première fois au Champ de Mars. C’était lors de la troisième série des barrier trials, en selle sur Max Rapax, un cheval qu’il connaît bien. « Je dois vous dire que cela a été très enrichissant et intimidant à la fois. Les barrier trials, j’en ai fait plusieurs en Malaisie, mais monter au Champ de Mars est une expérience unique. La piste est vraiment petite quand on est à cheval. Je remercie Nishal Teeha (ndlr : qui pilotait Argun), qui m’a beaucoup guidé ce jour-là, car je n’avais pas de repères », raconte-t-il.
Pour lui, ce barrier trial n’est qu’un pas de plus dans la réalisation de son rêve. Mais Atish Khoody sait pertinemment bien que ce n’est pas facile pour un jeune de faire une percée au Champ de Mars. Il est d’avis que sa persévérance et son dur labeur finiront un jour par être récompensés.