Trouvé coupable sous une accusation d’agression avec préméditation, Yousouf Salarun, un maçon de 47 ans, sera appelé à faire 300 heures de travaux communautaires au poste de police de Midlands. Il était poursuivi en Cour intermédiaire pour avoir aspergé de l’acide sur un certain Nadeem Beegoo en 2007 à Quatre-Bornes.
La magistrate Darshini Gayan l’avait initialement condamné à 24 mois de prison. La Cour avait cependant suspendu la sentence en attendant un rapport social pour déterminer s’il peut effectuer des travaux communautaires.
La cour l’avait trouvé coupable en raison des aveux de l’accusé, consignés dans ses dépositions à la police, et des preuves à charges présentées. Lors de son procès, Yousouf Salarun avait plaidé non-coupable et contesté l’admissibilité de ses dépositions à la police. Il avait avoué dans ses dépositions avoir aspergé de l’acide sur la victime sur les instructions d’une autre personne contre paiement. « Mo dakor, mo mem qui finn jett lasid lor Nadeem. Se Naushad ki ti dir mwa fer sa e li finn pey mwa Rs 2 000 ». En cour, Yousouf Salarun avait soutenu qu’il avait été forcé par la police à faire des aveux, ajoutant qu’il ne sait ni lire ni écrire. La cour devait toutefois juger que ses dépositions étaient admissibles, ayant trouvé que l’accusé n’a pu établir qu’il avait été maltraité et forcé de signer les “statements” pris par la police. La cour a aussi tenu à rappeler que Yousouf Salarun avait été positivement reconnu lors d’une parade d’identification lors de laquelle il avait présenté ses excuses à la victime.
La magistrate a pris en considération le fait que l’accusé ne savait ni lire ni écrire mais qu’il avait été informé des allégations portées contre lui et avait décidé de coopérer avec la police. De ce fait, elle a conclu que l’accusé « avait pleinement conscience des faits qui lui étaient reprochés ». Outre les aveux de l’accusé, elle l’a reconnu coupable d’agression avec préméditation. Yousouf Salarun comparaîtra à nouveau en Cour intermédiaire après avoir complété ses heures de travaux communautaires. La poursuite était représentée par Me Kevina Mootien.