Un enseignant de langues orientales du primaire était poursuivi en Cour intermédiaire sous une charge de “Indecent act upon ‘E’ (Ndlr : la filette) who was under the age of 12”. Il était accusé d’avoir pratiqué des attouchements sur l’une de ses élèves de Std I en 2010. Cinq ans après, l’affaire est passée en cour et, dans un jugement rendu hier, la magistrate Niroshini Ramsoondar a disculpé l’enseignant qui, a-t-elle souligné, est resté cohérent dans sa version des faits tout le long du procès. L’enseignant était défendu par Me Rama Valayden.  
Selon la version de la fillette, aujourd’hui âgée de 11 ans, les faits remontent au 5 mars 2010. Ce jour-là, avec quatre condisciples, elle se trouvait en classe de télégou, matière qu’elle a avoué « n’avoir jamais aimée ». Un incident a alors perturbé le déroulement des cours : les élèves ont en effet aperçu « une bête qui ressemblait à un serpent » à l’extérieur. Tous sont alors sortis « pour voir ce que c’était ». De retour en classe, la fillette a indiqué qu’elle était assise aux côtés d’une amie lorsque l’enseignant l’a frappé à coup de règle sur la main droite. Celui-ci lui aurait ensuite demandé de se mettre à côté de lui afin qu’il puisse jeter un oeil sur ses devoirs. C’est là que l’enseignant aurait utilisé sa règle dans ses parties intimes, scène qui se serait, selon la  fillette, déroulée « devant toute la classe ». Quelques jours plus tard, souffrant de douleurs et de fièvre, elle a alors raconté l’incident à sa grand-mère paternelle avant que cette dernière ne l’emmène à l’hôpital.
L’enseignant, pour sa part, a nié les charges qui lui étaient reprochées, soutenant que la fillette avait monté cette histoire de toutes pièces car il l’avait grondée ce jour-là. Il rappelle en outre qu’il compte 35 ans de carrière dans le professorat. De même, un élève, présent le jour des faits allégués, a affirmé en cour qu’aucun incident ne s’est produit. De plus, la fameuse règle qui aurait été utilisée par l’enseignant n’a jamais été retrouvée par la police.
Lors de sa plaidoirie, Me Valayden a attiré l’attention de la Cour sur le fait que la version de la fillette était remplie d’incohérences et que le rapport du médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin avait démontré que la fillette ne portait aucune trace de quelconque violence sexuelle.
La magistrate a observé que, faute de preuves, la cour ne pouvait se baser entièrement sur la version de la petite fille, ajoutant que la Cour était, de ce fait, dans l’incapacité de dire si la fillette mentait ou non. « The concern of this Court is that “E’s” testimony has been viewed  in the context of all evidence on record and in absence of any supporting/corroborative evidence/witness brought forward by the prosecution which would be desirable. “E’s” testimony is tainted with unreliability and the Court would be derelict in its duty were it to rely on same », a souligné la magistrate lors de son jugement. L’enseignant a donc été blanchi.