L’assistant-commissaire des Prisons (ACP) Vishnu Hanumanthadu, a vécu des moments de véritable angoisse mardi après-midi. Alors qu’il venait de quitter son lieu de travail, la Prison centrale à bord de sa Toyota Axio, un tireur motorisé, vêtu d’un casque intégral a tiré à deux reprises en sa direction. Fort heureusement, aucune des balles de calibre 38 ne l’a atteint. A hier soir, un suspect demeure en détention policière, tandis qu’un autre a été Allowed to go after enquiry. La police n’écarte, pour le moment, aucune hypothèse…
Il était aux alentours de 16h15, mardi, quand deux balles de calibre 38 sont tirés en direction de la Toyota de l’ACP Hanumanthadu. L’attentat se produit à la rue Colonel Draper, Beau-Bassin, alors que le haut gradé des prisons mettait le cap en direction de son domicile sis à Le Hochet, Terre-Rouge.
Quatre jours après l’incident, les limiers de la Western Division CID continuent de passer au crible toutes les hypothèses possibles. A ce stade de l’enquête policière, deux pistes sont privilégiées. La première : celle de la vengeance. Pour cause : l’ACP Hanumanthadu s’est taillé une solide réputation dans le milieu carcéral pour être quelqu’un d’intransigeant sur la discipline. Homme de principes, il croit fermement que la sévérité est un élément indispensable dans le processus de réformes carcérales et de la réhabilitation des prisonniers. Il se peut donc que ce soit un ex-détenu, qui n’aurait guère apprécié la sévérité de l’ACP Hanumanthadu, qui a pu décider de se venger…
Deuxième piste plausible, pour les enquêteurs dirigés par l’assistant-surintendant de Police (ASP) Daniel Monvoisin : celle de l’attentat commandité des murs mêmes de la prison. L’ACP Hanumanthadu, selon les enquêteurs, doit toujours avoir certains ennemis dans l’enceinte même de la prison. Et certains d’entre eux auraient très bien pu avoir mis sa tête à prix. Dont un caïd qui s’est retrouvé à plusieurs reprises à subir le courroux de l’ACP, parce qu’il cacherait certaines substances illicites dans sa cellule…
Pour le moment, la police a arrêté un suspect, dont l’identité demeure inconnue. Tel sera le cas tant que cette affaire ne sera pas résolue. Un deuxième homme, un ancien détenu, a été interpellé puis Allowed to go after enquiry. Selon nos renseignements, l’ACP Hanumanthadu n’a pas en mesure de donner de plus amples détails quant à l’identité de son assaillant, ni n’a pu relever la plaque d’immatriculation de la moto. L’homme, qui agissait seul, n’est pas pris, non plus pour un enfant de choeur. Dans la mesure que les deux tirs essuyés par le véhicule du haut gradé de la prison étaient relativement précis, compte tenu du fait que l’homme devait également tenir le guidon de sa moto et prévoir le recul causé par les deux coups de feu. L’homme, qui était coiffé d’un casque intégral, portait aussi un blouson de couleur noire.
Il faudrait savoir aussi que les services de renseignements opérant à l’intérieur de la prison avaient eu vent d’une possible attaque contre l’ACP Hanumanthadu, mais n’ont pas en mesure d’en détecter la source.
Du côté des officiers de la prison, les interrogations sont nombreuses. Et l’on s’inquiète. Pour cause : les attaques contre les officiers de la prison se produisent avec une constante régularité. En février 2007, l’Assistant Surintendant des Prisons (ASP) Hemindrallall Bhujun avait été attaqué à l’acide. Il se trouvait alors dans sa voiture sur l’autoroute de Phoenix quand un motocycliste a balancé cette substance corrosive dans sa direction.
Durant le mois de décembre 2009, l’ASP Anil Omrahoo, 59 ans, avait été agressé à coups de sabre à l’avenue Draper, Belle-Rose. Le jour de l’attaque, il quittait tout juste sa maison quand deux individus — dont faisait partie un ex-détenu — se sont précipités dans sa direction. Anil Omrahoo était alors à moto. L’enquête policière avait alors révélé que c’était un trafiquant de drogue, Peroomal Veeren, qui avait commandité cette agression à cause d’une grosse saisie de Subutex dans sa cellule effectuée par l’ASP Omrahoo.
La police se dit confiante de pouvoir résoudre cette affaire en dépit du manque d’indices probants pour le moment…