PIERRE DINAN

Une tendance nouvelle commence à se dessiner dans certains milieux selon laquelle la croissance économique est intrinsèquement mauvaise. Ceux qui pensent ainsi mettent en garde contre la nouvelle et envahissante «  religion » de la croissance, dont les péchés capitaux seraient l’accroissement des inégalités et la dégradation de l’environnement.

Si ces remarques sont à l’égard de l’économie des pays développés, j’aurais tendance à m’aligner sur les propos de certains auteurs, car ces pays sont arrivés à un tel niveau de consommation qu’ils se rendent compte que cela ne peut plus durer, surtout par rapport à la surexploitation des ressources. J’aimerai, à cet effet, vous référer à un article que j’ai publié en janvier 2018, intitulé : Pour une économie intégrée et inclusive (www.pmdinan.com)

Mais, à Maurice, nous n’en sommes pas là, et nous aurions bien tort de nous joindre aux Malthusiens et autres partisans de la croissance zéro, car notre pays a encore besoin de croissance pour subvenir aux besoins de toute la population, dont une proportion significative a encore beaucoup de chemin à faire pour son développement économique et social. Ce n’est pas parce que des repus des pays développés ont besoin d’une cure d’amaigrissement que les affamés des pays en voie de développement doivent se mettre au même régime qu’eux.

Certes, il y a lieu d’être vigilant quant aux moyens mis en œuvre pour réaliser notre croissance, notamment comment nous y parviendrons : utilisation accrue d’énergie non fossile, récupération et mise en valeur subséquente des déchets, recours accru à des intrants de fabrication locale……

Mais en fin de compte, prêtons attention à cette réflexion d’Albert Einstein : « La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre. » On peut en dire de même de l’économie d’un pays.