Un prêtre catholique de l’ouest du pays a été arrêté hier suite à des allégations d’attouchements sur un mineur. Il a par la suite été relâché sur parole. Les faits qui lui sont reprochés remonteraient au 25 avril dernier. C’est l’Évêché lui-même qui a alerté la Child Development Unit (CDU) sur ce cas, selon le protocole en vigueur. Le prêtre a été « temporairement mis en retrait » pour faciliter l’enquête.
Selon nos recoupements d’informations, deux adolescents se trouvaient ce soir-là au domicile du prêtre dans un village de l’ouest. C’est alors qu’ils dormaient que le prêtre aurait commis des attouchements sexuels sur l’un d’eux. L’adolescent en question se serait confié à des proches après plus d’un mois de silence et a consigné une déposition. Le prêtre s’est rendu à la police hier, accompagné de son homme de loi. Selon la procédure, il a été arrêté, interrogé et relâché sur parole. Le prêtre serait très connu pour son engagement auprès des jeunes, étant responsable d’une organisation gérant une école maternelle pour enfants défavorisés à Beau-Bassin.
Alerté sur cette affaire il y a trois semaines, l’Évêché a référé l’affaire à la CDU, comme le confirme le vicaire général Jean-Maurice Labour dans un communiqué hier. « Le 24 juin, les autorités diocésaines ont reçu une allégation selon laquelle il y aurait eu abus sur un mineur de la part d’un prêtre du diocèse. Mgr Maurice E. Piat a immédiatement nommé un comité diocésain pour faire une première vérification interne. Cette vérification révèle qu’il est impossible à ce stade de dire s’il y a eu une faute ou non de la part du prêtre incriminé. Cependant, la vérification révèle aussi que les faits allégués sont graves et qu’il faut une enquête plus approfondie. »
Toujours est-il, poursuit le vicaire général, « la procédure prévue par la loi civile du pays ainsi que par la loi de l’Église a été appliquée : faire une déposition à la CDU et éloigner le prêtre de sa paroisse pour faciliter l’enquête, et c’est ce que nous avons fait ». De même, ajoute Jean-Maurice Labour, l’évêque a décidé de mettre le prêtre en retrait temporaire de toute activité pastorale. Il précise également : « Pour le moment, nous ne pouvons nous prononcer sur le bien-fondé des faits allégués ni sur la culpabilité du prêtre incriminé. Nous devons tous attendre les conclusions de l’enquête. » Entre-temps, rappelle-t-il, l’Évêché a appliqué le protocole promulgué en 2013 par le diocèse de Port-Louis sur demande du Saint-Siège.
Comme l’avait précisé Mgr Maurice Piat à l’introduction de ce protocole, l’esprit qui guide ces mesures se résume comme suit : la recherche de la vérité, le respect des droits tant de la victime que de la personne mise en accusation, le respect de l’Église diocésaine pour la législation civile en vigueur, et l’engagement de l’Église pour que la vérité soit faite et la justice rendue.