C’est devant un parterre de dignitaires religieux dont Mgr Ian Ernest, évêque de Maurice et archevêque de la Province de l’océan Indien, de politiques dont le ministre des TICs Chedumbrum Pillay et le maire de Quatre-Bornes Danen Beemadoo, et diplomatiques et d’autres invités, que l’Amir et président de la communauté musulmane Ahmadiyya,  Moussa Taujoo, s’est livré à un véritable réquisitoire contre les mouvements terroristes et jihadistes qui manipulent et salissent l’image de l’islam en associant cette religion de paix, telle que l’a pratiquée le Saint Prophète Muhammad lui-même, à des carnages qui ne font pas de distinction entre hommes, femmes et enfants, civils innocents et soldats.
C’est en connaissance de cause qu’il affirme que l’ahmadisme est un miroir de l’islamisme primitive et que«every Ahmadi wherever he may live, is an extremely loyal, peaceful, law-abiding citizen who loves his country.»L’Amir a souligné la contribution du fondateur de la communauté Ahmadiyya, considéré comme le Messie Promis et un réformateur que les fidèles attendent, dans la promotion etdans la redécouverte de l’Islam tel que le Prophète l’a légué au monde – comme un testament enjoignant les fidèles à accomplir ses devoirs et ses obligations envers Dieu et à se souvenir de son prochain pour oeuvrer à son bien-être. D’où cet appel passionné de l’Amir à son auditoire, l’invitant à faire la différence entre les vraies pratiques de l’Islam et celles qui sont aux antipodes : «I appeal to you to please erase from your mind any thought that Islam encourages any form of violence or teaches us to usurp the rights of others, or encourages cruelty, terrorism or disorder in the country or to take justice in one’s hand. On the contrary Islam leaches love, affection, justice and nobody is considered to be above the law.»?Faisant un tour d’horizon des points chauds où «some groups of Muslims use unlawful means and suicide bombers»,il en souligne l’irrecevabilité de telles pratiques : «The horrible acts and crimes against humanity committed by certain groups of Muslims in Africa and the Middle East are totally unacceptable and have not even a remote connection with Islam.»Dans ce contexte, l’Amir ne pouvait pas passer sous silence les sévices et persécutions dont font l’objet les membres de la communauté Ahmadiyya dans certaines parties du monde musulman,en particulier au Pakistan: «In Pakistan for example there are posters placed every-where, even on government buildings, informing people that it is permissible to kill Ahmadi Muslims. Two weeks ago a mob of ‘Extremists’ attacked Ahmadi houses. They blocked some women and children in a room set the place on fire. A grandmother and her two grand-daughters under 10 years died of smoke inhalation. The perpetrators were watching and mocking at the victims, who were in agony, from a window. They even prevented Fire services and the ambulances to intervene.»?De ce fait, il est impérieux de renverser la vapeur, de revenir à une vie focalisée sur la recherche de la paix et de la foi en Dieu. Citant, à ce propos, l’actuel Calife de l’Ahmadiyya, Hazrat Mirza Masroor Ahmad: «The urgent and critical need of the world today is to establish peace and faith in God. If the world understood this reality then all countries, whether large or small, would not, in the name of defence-spending, allocate millions and billions of dollars to expand their military capabilities. Rather, they would spend that wealth to feed the hungry. To provide universal education and to improve the living standards of the developing world.» Ce sont des conditions sine qua non à remplir afin que se traduise dans le fait la belle devise ahmadiste: «Love for All, Hatred for None»et se réalise la «Self Reformation that the Holy Prophet Muhammad (saw) has qualified as the greatest Jihad.»??Hors-texte  
Ce qu’ils ont dit
En début de soirée, mercredi, après la belle récitation coranique de Hafeez Sookia, il échut à Issa Taujoo, secrétaire des Affaires extérieures de la communauté Ahmadiyya à Maurice, de prononcer le discours d’ouverture où il s’est félicité du succès remporté, d’année en année, par le dîer d’Eid offert par l’association et de l’assiduité des invités. Ont pris la parole dans l’ordre : le maire de Quatre-Bornes Danen Beemadoo, l’évêque de Maurice Ian Ernest, et le ministre des TIC Chedumbrum  Pillay, qui ont tous attiré l’attention sur la société harmonieuse qu’est devenue l’île Maurice où les Mauriciens ont appris à vivre leurs spécificités culturelles et religieuses dans le respect de celles de l’autre, une entente qu’il est impérieux de conserver et de consolider.