« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ». Tel est l’appel du père Joseph Wresinski le 17 octobre 1987 sur le Parvis du Trocadéro, à Paris, lors de son rassemblement de 100 000 défenseurs des Droits de l’Homme dans le but de dire leur refus de la misère et appeler l’humanité à s’unir pour faire respecter les droits des plus pauvres. S’il n’y avait pas 100 000 personnes hier dans le cadre de la Journée du refus de la misère dans le jardin de la State House, à Réduit, les familles présentes ont pu, durant une journée de détente et d’amusement, partager leurs difficultés quotidiennes.
« Developman dirab se developman ki pa less personn an deor ». Tel était le thème de la journée d’hier à Réduit, qui a réuni plus d’une centaine de familles issues des régions les plus défavorisées de l’île, des ONG et des travailleurs sociaux, entre autres. Invités à prendre la parole, Satish Boolell, président du Committee on Poverty Alleviation, Cassam Uteem, président du Comité 17 Octobre et Jacqueline Madelon, présidente d’ADT Quart Monde Maurice, ont été unanimes : les défis du développement durable ne doivent pas être relevés au détriment de ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté. « Au contraire, ils doivent être au coeur du changement », soutiennent-ils. Célébrée le 17 octobre, la Journée mondiale du refus de la misère sera observée chez nous en plusieurs étapes. Après la première hier à Réduit, les familles sont appelées à se réunir le lundi 17 octobre au Port-Louis Waterfront pour rendre hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence autour de la mémoire.
À Réduit hier, les différents messages par les principaux responsables ont été favorablement accueillis par l’assemblée, composée principalement de femmes et d’enfants. Tous avaient pour objectif de vivre à fond cette journée de détente, comprenant un déjeuner. C’est vers 10 h 30 que le coup d’envoi a été donné avec l’hymne national et des chants présentés par le groupe Solidarite Zeness Bwa Marsan. Après la cérémonie officielle, munis de djembés et de ravannes, les jeunes se retrouvaient entre eux pour reprendre quelques ségas, alors que les plus petits profitaient de la grande cour du Château de Réduit en courant dans tous les sens, sautant dans les châteaux gonflables ou encore jouant au football avec un ballon improvisé. Pour les plus grands, parents et accompagnateurs, c’était le moment de se retrouver pour non seulement partager les dures épreuves auxquelles ils sont confrontés mais également pour prendre connaissance des solutions qui leur sont proposées.