Mouvement pour les jeunes instauré par Baden Powell en 1907, le scoutisme est l’une des plus vieilles associations rassemblant des individus de tout âge autour d’une série d’activités définies. Présent sur tous les continents, il fête cette année le centième anniversaire de son introduction à Maurice. L’occasion de revenir sur les principes mais surtout la contribution de ses membres au bien-être de la société.
Wardah Boodoo est catégorique lorsqu’il est question de scoutisme. « C’est la contribution des jeunes pour un monde meilleur », dit-elle. Cette jeune de 18 ans a intégré le groupe de la 17e Lower Plaines Wilhems il y a six ans déjà. Un choix qu’elle ne regrette guère malgré les années. Ses activités scoutes occupent pratiquement toute sa journée du samedi, mais la jeune femme confie que cela ne l’affecte pas.
« Bien d’autres jeunes préfèrent avoir leur samedi de libre pour le shopping, moi je préfère aller à mes réunions de scout et y rejoindre mes amis. Le shopping se fera pendant les vacances », lance-t-elle. Pour elle, l’engagement des jeunes au sein de la société est un élément important car celle-ci en dépend grandement. D’ailleurs, Warda explique qu’une grande partie des activités tourne autour de l’écologie. Un moyen de préserver la planète.
Si les scouts sont 31 millions à être actifs dans plus de 161 pays, à Maurice et à Rodrigues, ils regroupent quelque 3 500 jeunes. Ils sont répartis en 60 points de rencontre et se distinguent ainsi par leurs régions. Si vous demandez à un scout de quel groupe il est issu, il est probable qu’il vous répondra quelque chose comme « Je suis de la 1st Lower Plaines-Wilhems » ou « du 3rd North », ou encore « du 16e Port-Louis ». Une identification qui désigne son lieu de rencontre et son district. Chaque district regroupe plusieurs groupes de scouts qui eux-mêmes rassemblent filles et garçons de tout âge répartis dans les sections louveteaux, scouts et aventuriers. Chaque groupe porte des foulards de couleurs distinctes.
L’âge d’entrée pour faire partie du mouvement se situe autour de huit ans. Et le jeune scout est appelé à servir le pays « si dieu le veut pour toujours ». Des paroles qui sont évoquées lors de la promesse des scouts, un rituel qui permet d’intégrer le nouveau membre officiellement au mouvement. Cependant, les anciens scouts ont toujours cette flamme de l’aventure et de la débrouillardise transmise par le mouvement. D’ailleurs, ne dit-on pas « once scout, always scout » ?
Le monde du scoutisme évoque certes les feux de camp, les expéditions, la camaraderie et la fraternité. Mais c’est avant tout un mouvement éducatif, ouvert à tous, dont l’objectif est d’aider les jeunes à développer leur plein potentiel en tant qu’êtres humains. Melwyn Madelon, porte-parole de la Mauritius Scout Association (MSA), nous en parle. « Le scoutisme poursuit cet objectif à travers une méthode soigneusement établie et constamment améliorée, en partant de valeurs qui encouragent le développement de l’autonomie et la responsabilité dans un cadre éthique et spirituel clair », soutient-il. Pour Arshaad Khodabocus, scout depuis 7 ans et chef, l’éducation scoute est informelle ; elle est fondée sur le « learning by doing » par des jeux. Notre interlocuteur met en exergue la créativité et l’innovation du mouvement qui a contribué à sa survie contre vents et marées durant ces 100 dernières années.
Melwyn Madelon évoque la mission du mouvement : éduquer les jeunes pour qu’ils jouent un rôle actif dans la société. Le scoutisme, dit-il, a été lancé à l’île Maurice en avril 1912 par Samuel Blunt de Burgh Edwardes. La MSA fut pour sa part constituée en 1971 après que les différentes associations d’origine religieuse eurent décidé de fusionner en une seule organisation nationale qui serait, alors, reconnue par le scoutisme mondial. Pour la célébration de ces cent ans, la MSA a prévu une série d’activités qui s’étendront sur un an dans tout le pays. Le coup d’envoi des activités a été donné dimanche dernier à Curepipe où une plaque commémorative a été dévoilée en présence des membres de l’association et du ministre de la Jeunesse et des Sports Devanand Ritoo. Parmi les autres activités prévues dans ce contexte : l’Africa Scout Day, célébré par les Organisations Scoutes Nationales de la région Afrique qui marque le lancement d’une série d’activités et d’une campagne de l’environnement autour du thème « Éduquer, Transformer, Développer » ; le rallye national, un rassemblement national de toutes les sections pour une journée d’activités, de célébrations et de partage ; le jamboree national et le Jota/Joti (Jamboree on the air : jamboree on the internet), une rencontre internationale des scouts qui communiquent à travers les ondes et internet.