La Breast Cancer Care, association dédiée à la lutte contre le cancer du sein et initiée par Shamima Patel-Teeluck, a été officiellement lancé hier soir, au Café du Vieux Conseil, lors d’une soirée de charité. Pour l’occasion, cette ONG, qui opère depuis bientôt deux mois, a réuni plusieurs personnalités, dont le président de la République de Maurice Kailash Purryag, le leader de l’opposition Paul Bérenger et le ministre de la Santé Lormus Bundhoo, entre autres.
« Si je suis devant vous, c’est parce que j’ai survécu ». C’est en ces mots que la présidente de l’association BCC a démarré son discours. Shamima Patel-Teeluck affirme que rien n’arrive au hasard. Depuis qu’elle a prêté son visage à la campagne de sensibilisation de Link To Life et Talia, destinée à promouvoir le dépistage précoce et la lutte contre le cancer du sein, Shamima Patel-Teeluck, ancienne victime du cancer du sein, est devenue une source d’inspiration pour de nombreuses femmes atteintes de cette maladie. Consciente de l’importance d’un dépistage précoce de la maladie, Shamima Patel-Teeluck a ainsi décidé de mettre sur pied une association, le Breast Cancer Care (BCC), dont le slogan est « Ou kombat c’est nou kombat », afin de venir en aide aux femmes atteintes du cancer du sein en les encadrant et leur donnant le soutien nécessaire pour affronter et surmonter la maladie. Son projet a pris forme, dit-elle, suite à la campagne de Talia en octobre dernier. « La campagne a fait de moi ‘the face of the pink warrior’. Une campagne qui, en mettant un visage sur le cancer du sein, a donné l’espoir aux femmes », dit-elle. Ce qui a contribué également à une prise de conscience sur l’importance du dépistage précoce.
À travers l’association BCC, Shamima Patel-Teeluck souhaite ainsi que les campagnes de sensibilisation des femmes autour du cancer soient plus régulières. Dans son allocution, elle a fait ressortir qu’elle a de grands rêves pour les femmes atteintes du cancer du sein: « Pour celles qui luttent contre le cancer du sein, cette maladie ne doit pas être le dernier mot. » C’est pour cela qu’elle s’est donnée pour objectif, à travers la BCC, d’apporter du réconfort et un soutien à ces femmes. L’association offrira aussi des prothèses mammaires à celles qui en ont besoin. Une attention spéciale sera également apportée aux femmes de Rodrigues, dit-elle. 
S’adressant à l’assistance, Paul Bérenger,  qui a, lui, combattu son cancer, a exprimé son soutien à Shamima Patel-Teeluck et à son association, de même qu’à toutes les femmes atteintes du cancer du sein. Il a souhaité « bonne chance dans la mission difficile, mais exaltante » que s’est donnée BCC. « La première chose à faire dans le cas du cancer est d’amener les gens à ne plus avoir peur et d’éliminer le tabou », a-t-il dit. Dédramatisant la maladie, Paul Bérenger a expliqué que le cancer touche toutes les couches sociales, mais affecte davantage les personnes démunies en raison de manque de moyens financiers pour les soins. Il se dit être « bouleversé » par cette « injustice », car riches ou pauvres, tous les patients ont besoin des mêmes soins et attention. Souhaitant briser le tabou autour du cancer, il ajoute que « le cancer est une maladie normale et est inévitable puisqu’il s’agit du dérèglement, avec l’âge, des divisions cellulaires ». Avant de terminer son discours, Paul Bérenger a partagé un de ses « rêves » sur lequel il dit travailler depuis « un bout de temps »: le développement d’un centre international d’excellence de traitement du cancer. Ce centre, dit-il, bénéficierait de la collaboration de professionnels locaux et internationaux et qui accueillerait des clients aussi bien locaux qu’internationaux.
Le président de la République a, lui, salué la « volonté et la détermination » de Shamina Patel-Teeluck et des autres femmes qui luttent contre le cancer du sein. « Comme tant d’autres femmes qui ont fait et qui font face à la maladie, vous demeurez un symbole de courage », a-t-il dit à Shamima Patel-Teeluck. Kailash Purryag trouve « louables » les objectifs que s’est fixés le BCC, notamment l’éducation, la dissémination d’information, l’accompagnement des malades et leurs familles et la promotion d’un dépistage précoce.
« Je ne suis pas médecin, mais je sais que le cancer est la maladie que redoute le plus la société », a-t-il ajouté. Rappelant les chiffres inquiétants, il souligne que selon des études, le nombre de personnes souffrant d’un cancer à Maurice atteindra presque le double de celui d’aujourd’hui. « Il est important de consolider les droits des patients à Maurice », dit-il. Par ailleurs, parlant du cancer de l’utérus qui touche les jeunes filles, il déclare que l’État « devrait songer à lancer une vaste campagne d’information. La mise sur pied d’un centre de traitement du cancer est importante. »
Mireille Martin et Lormus Bundhoo ont tous deux souligné l’augmentation du cancer à Maurice. Valérie Sénèque, atteinte du cancer du sein depuis trois ans, est également intervenue et les invités ont pu visionner le clip de sa chanson avec Zulu intitulée « Kanser. » Les intervenants ont salué vivement la création d’une association qui se cible un cancer spécifique.