Arrivés d’Afrique du Sud il y a un mois, les 85 animaux résidant désormais à Casela: World of Adventures, ont déjà pris possession des lieux et se familiarisent avec leur nouvel espace avant l’ouverture au public en décembre. Week-End s’est rendu sur les lieux vendredi. À peine arrivé à l’entrée du Safari Kingdom qu’on est impressionné par l’immense arc, avec des têtes d’animaux taillées dans la pierre. Nous entrons immédiatement dans l’ambiance du safari, prêts à admirer les animaux les uns plus impressionnants que les autres.
L’on se croirait presque en Afrique. Il faut quelques kilomètres dans la voiture du Ranger Chris pour atteindre la zone de quarantaine des girafes. Leur long cou et leurs pattes démesurées donnent aux girafes une allure et une élégance extraordinaires qui les singularisent et les rendent impressionnantes. Les girafes sont des bêtes très curieuses même si un peu farouches et observent avec de grands yeux leurs visiteurs impromptus. « Chacune d’elles a une personnalité différente, comme les êtres humains. Certaines sont très curieuses à toute nouveauté dans leur environnement. Il y a une femelle dominante dans le troupeau. C’est commun chez les girafes qu’il y ait une matriarche. » Les dix girafes, dont trois mâles et sept femelles, un peu effrayées de voir de nouvelles têtes, n’osent pas s’approcher du Ranger Chris et de son assistant Pravind Choytun. « Elles ne sont pas encore habituées aux gens et sont un peu farouches. La durée de leur apprivoisement est indéterminée, mais il faut avouer qu’elles s’apprivoisent assez vite et facilement. Dans l’espace d’un mois seulement elles ont commencé à manger dans nos mains », explique Chris Smit, diplômé en Wildlife Management. « Nous emmenons différentes personnes à leur enclos pour les aider à s’habituer à voir plus de monde. » Pour les appeler, il suffit de siffler ou de les héler, mais pour l’instant, les girafes ne comprennent que l’anglais. « Elles adorent écouter la radio, la musique les calme énormément. »
Chris Smit, passionné, infatigable, aime faire partager ses connaissances de la faune sauvage. Venu d’Afrique du Sud en même temps que les girafes, Chris Smit et son équipe consacrent leurs journées à rendre le séjour de leurs « bébés » agréable et sain. Une équipe de trois personnes se chargent principalement de nourrir et d’abreuver ces majestueux ruminants et de garder leur enclos propre. Outre les choyer, il faut aussi veiller à ce que ces dames au long cou restent en bonne santé.
Pour cela, il faut empêcher que les tiques et les mouches ne s’approchent des girafes par le biais de médicaments incorporés à leur nourriture ou avec des pulvérisateurs. Autre mesure à prendre pour la santé des girafes : avant d’entrer dans leur enclos, les visiteurs doivent tremper la semelle de leurs chaussures dans un bac rempli d’eau pour tuer les bactéries. « Je ne dirais pas que le climat à Maurice est parfait, mais c’est suffisamment agréable pour les girafes et elles s’adapteront facilement. Le seul inconvénient est qu’ici le climat est tropical: avec l’humidité, nous avons plus de tiques et de mouches et cela nuit aux girafes », explique Chris Smit.
« Elles adorent écouter la radio. »
« They are nice and fat », indique le ranger. Âgés entre un an et demi et deux ans, les girafes mesurent actuellement moins de 3 mètres. Elles peuvent atteindre 4,2 à 4,5 mètres, à l’âge adulte et un mâle jusqu’à 1,4 tonne. Il faut cependant attendre deux à trois ans pour qu’elles atteignent la taille adulte. Des girafeaux pourraient voir le jour dans environ deux ans, selon Chris Smit. Le ranger explique que l’espérance de vie des girafes est d’environ 20 ans lorsqu’elles sont en captivité. « A cause des braconniers et des autres menaces de la vie sauvage, les girafes vivent à peu près huit ans. » En Afrique du Sud, les girafes se nourrissaient principalement de granulés. À Maurice, elles ont goûté de l’acacia frais, le tamarin et le campêche et « elles adorent ça! », soutient le ranger. Elles sont formées par le ranger et son assistant à se nourrir seules. Pour cela, des branches d’acacia, de tamarin et de campêche sont placées dans des mangeoires à hauteur de leur long cou.
La quarantaine terminée pour les girafes, ces dernières attendent l’aval du vétérinaire de l’Etat pour être libres de se mélanger aux autres animaux, dont des zèbres et autruches, et de profiter des quelque 200 hectares de brousse où elles pourront circuler. A leur arrivée, les animaux ont été isolés dans un premier temps dans une zone tampon, dans un enclos spécifique, et où ils sont continuellement observés par les vétérinaires. Ce n’est qu’ensuite, quand ils commenceront à se familiariser qu’ils seront libérés dans la brousse. Ils seront entrainés pour regagner spontanément leur habitat respectif à la tombée de la nuit.
De l’autre côté du Casela se trouvent ces autres animaux venus d’Afrique du Sud: les antilopes. Il faut traverser la brousse sauvage de Casela pour atteindre l’enclos des antilopes. En chemin, des zèbres ne semblent pas dérangés par les visiteurs et les paparazzis, idem pour les autruches. D’ailleurs, une d’elles couvait paisiblement ses 23 oeufs quand le ranger Chris Smit a voulu la faire bouger pour permettre aux visiteurs de faire quelques photos de ces immenses oeufs. Fait amusant, après le départ du ranger, l’autruche s’est mise à compter ses oeufs histoire de voir s’ils étaient tous bien là. Enfin, après avoir rencontrer ces animaux d’Afrique naturalisés, direction l’enclos des antilopes, toujours sous quarantaine. Regroupées dans un grand paddock, des nyalas, kudus, oryx, impalas, Waterbucks et autres antilopes se promènent tranquillement sous le soleil de l’ouest de Maurice. Grande nouvelle: un premier bébé oryx est né dans la nuit de jeudi. Le premier bébé oryx né sur le sol mauricien s’est blotti sous un arbre non loin de l’enclos de ses congénères, nous empêchant ainsi de s’approcher des bêtes.
Les visiteurs devront prendre leur mal en patience. Il faudra attendre un peu moins d’un mois pour voir au Casela, en chair et en os, les 85 nouveaux animaux qui, venus d’Afrique du Sud ont foulé le sol de leur pays d’adoption le mois dernier, devenus des résidents exceptionnels du Casela. En attendant, sur M6 demain à 17 heures (heure locale), l’émission « 66 Minutes » présentera « L’arche de Noé » et fera vivre le trajet des animaux de l’Afrique du Sud à Maurice.