L’ancien Attorney General Rama Valayden, qui était au gouvernement quand a été mise en place la formule d’enregistrement sur vidéo des interrogatoires par la police, subit depuis la mi-journée une séance d’audition Under Warning sous caméra. Jusqu’ici, il a été difficile de déterminer de qui émane l’initiative de filmer l’interrogatoire de l’homme de loi, en présence de son Legal Panel mené par Me Jacques Panglose. Le principal dossier à l’ordre du jour concerne l’affaire de détournement de Rs 80 millions de la Bramer Bank rapportée à la police depuis août 2011. Rama Valayden se retrouve au centre de cette affaire suite à un paiement d’honoraires agréés de Rs 2 millions versé par le père d’un des suspects, Younousse Katoaroo. Pour compléter le déballage, l’avocat compte riposter en évoquant des tractations des proches d’un des suspects, Nitin Mulloo, à très haut niveau au lendemain de l’arrestation de celui-ci en septembre 2011.
Depuis la mi-journée, Rama Valayden, sur qui pèse déjà une première inculpation provisoire de complot dans le GamblingGate, est soumis dans les locaux de la Major Crime Investigation Team à un feu roulant de questions portant sur les dessous de l’Embezzlement de Rs 80 millions à la Bramer Bank en 2011. Le principal élément incriminant en possession des limiers du Central CID est la déposition de Sadek Katoaroo, le père de Younousse Katoaroo, banquier et suspect, au sujet de la provenance des Rs 2 millions versées à l’homme de loi et à un de ses Juniors.
Dans ses différentes dépositions, Sadek Katoaroo est catégorique sur le fait que la somme versée à l’homme de loi provient des fonds détournés à la Bramer Bank, comme furent les fonds utilisés pour l’acquisition des voitures de luxe par les autres suspects inculpés dans cette enquête. Jusqu’ici, une trentaine de complices ont été appréhendés et remis en liberté sous caution.
Avec le début de l’interrogatoire du jour, il est quasi prématuré de vouloir spéculer la conclusion de l’exercice qui se déroulera en Cour de Port-Louis avec une nouvelle inculpation provisoire logée contre l’ancien Attorney General pour le délit de Money Laundering.
Mais déballage pour déballage dans l’affaire Bramer, l’entourage de Rama Valayden indique que celui-ci détient une carte maîtresse pour la riposte. En effet, il a compilé un dossier complet sur les tractations des membres de la famille Mulloo, alors que Nitin Mulloo, un des suspects, avait été arrêté dans cette affaire le 5 septembre 2011.
Les informations en possession de Rama Valayden, susceptibles d’être enregistrées par la caméra vidéo de la MCIT, sont que des proches parents de Nitin Mulloo étaient également recherchés par la police pour leur complicité dans cette affaire. Avant le 15 septembre, date de leur arrestation, ces membres de la famille Mulloo auraient rencontré une haute personnalité en son domicile pour aborder les éléments de l’affaire Bramer alors qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre eux.
Rama Valayden pourrait demander aux limiers du Central CID de convoquer cette personnalité pour être confrontée à ces allégations et pour dévoiler la teneur des échanges lors de ce rendez-vous particulier. Il est également intéressé à savoir si cette personnalité a consigné une entrée au Central CID au sujet de cet épisode s’apparentant à un délit de Harbouring Criminal.
En marge de la nouvelle convocation de Rama Valayden aux Casernes centrales, un comité de soutien, composé de légistes, de travailleurs sociaux, de musiciens et de sympathisants, a vu le jour avec une première réunion se déroulant dans les Valayden Chambers.
« Nous avons été très touchés par la vague de sympathie et de solidarité exprimée par des personnes de tout bord depuis le 17 octobre, soit le jour de l’arrestation de Rama Valayden », a déclaré Me Arassen Kallee lors d’un point de presse après cette première réunion. Il avait à ses côtés l’épouse de Rama Valayden, Taslima. « Ce soutien démontre que l’île Maurice n’est pas disposée à cautionner l’injustice », a-t-il soutenu. L’objectif premier du comité de soutien est d’informer les sympathisants aux quatre coins de l’île concernant cette affaire : « Lorsque Rama Valayden se dit victime de persécution, il nous faut agir vite », dit Arassen Kallee.
Le comité comprend des personnes à titre individuel, des représentants d’organisations non gouvernementales et même des délégués syndicaux qui bénéficient des services de Me Valayden comme conseil légal et/ou comme négociateur.