Le Premier ministre Navin Ramgoolam a exprimé hier de sérieuses réserves au sujet des accusations à l’effet que le président Bachar al Assad de la Syrie aurait utilisé des armes chimiques contre les insurgés syriens. « Il faut avoir des preuves irréfutables avant d’envisager toute intervention militaire internationale contre la Syrie », a dit le Premier ministre qui intervenait hier soir devant les invités du Centre culturel Islamique qui avait organisé un dîner à l’occasion de la fête Eid célébrée le mois dernier.
Navin Ramgoolam a fait comprendre qu’initialement il ne devait pas intervenir devant l’assistance. Cependant, on lui a fait comprendre que la cérémonie d’hier soir n’avait pas un caractère religieux mais était une activité culturelle. Le Premier ministre a axé son intervention essentiellement sur la situation en Syrie et sur le projet d’intervention militaire internationale en Syrie. Il a établi un parallèle avec ce qui s’était passé avant l’intervention militaire en Irak. Il s’est rappelé que l’armée britannique s’était mobilisée et avait commencé à envoyer des chars dans la région de l’aéroport de Heathrow dans le but de le protéger contre d’éventuels frappes irakiennes. « En voyant cela j’avais alors dit à mon épouse que les autorités britanniques préparaient l’opinion publique en vue d’une intervention en Irak », a-t-il dit. Le Premier ministre s’est rappelé que les frappes américaines en Irak avaient été précédées par l’intervention publique de Colin Powell, alors secrétaire d’État américain, qui avait présenté des photos aériennes et d’autres « preuves » démontrant que les Irakiens fabriquaient des bombes atomiques. « On n’a jamais pu rien prouver », a déclaré le Premier ministre.
« On ne peut faire deux fois la même erreur car combien d’innocents vont mourir s’il y a une guerre en Syrie », a dit le Premier ministre. Il s’est demandé pourquoi la communauté internationale n’a pas réagi lorsqu’Israël a utilisé des bombes à phosphore contre les Palestiniens. Il a rappelé que les Américains avaient même utilisé des bombes au napalm au Vietnam.
« Il ne faut pas se retrouver dans une situation où les Musulmans vont tuer les musulmans », a dit le Premier ministre, qui a conclu son intervention en disant que « c’est la paix qui amène le progrès pas la guerre ».
Le premier dîner organisé par le Centre Culturel Islamique à Plaine-Verte a été un succès hier. A part le Premier ministre, le président du Centre est intervenu pour passer en revue les activités du centre et la préparation du Hadj. Il a observé que deux Premiers ministres ont résidé à Plaine Verte, Sir Seewoosagur Ramgoolam et Navin Ramgoolam. Ce qui a amené le Premier ministre à dire que la circonscription Pamplemousses-Triolet a aussi produit deux Premiers ministres et pourquoi pas un troisième, a-t-il dit.