L’expo-vente de Patrick Norton impressionne. Non seulement pour son originalité, mais parce qu’elle permet au visiteur de voyager au fur et à mesure qu’il avance de tableau en tableau. Pour sa première initiative avec cette technique artistique, M. Norton a choisi comme technique la filographie, une technique d’art peu utilisée chez nous. Sur un tableau, des fils colorés de coton perlés sont tendus à des clous. L’emplacement des clous et la disposition des fils permettent une animation de divers paysages et formes. Les fils tendus sur un tableau réalisé avec de la peinture à l’huile lui donnent un aspect 3D, une oeuvre que le concepteur affectionne particulièrement. Pour cette première expo-vente, les oeuvres ne répondent à aucun thème spécifique. Patrick Norton, ancien marin, explique avoir puisé de ses souvenirs de voyages pour illustrer ses tableaux. Ainsi, ses oeuvres nous transportent du village du Morne aux cinq continents du globe. Passant du Temple du Savoir en Grèce au pont de New York, rencontrant la femme africaine à la recherche de l’eau et le visage pale de l’Amérique du Sud, l’exposition de Patrick Norton offre une bouffée d’air frais à l’art mauricien. Pour l’artiste, ces toiles représentent une innovation sur le plan culturel. « Jusqu’à présent, personne n’a osé s’aventurer sur ce terrain qui nécessite calcul mathématique, imagination, de la recherche et de la patience », avance-t-il. « La confection d’un tableau peut prendre sept ou huit jours ». Si cette technique est enseignée dans certaines classes de dessin au secondaire, les artistes sont peu nombreux à exploiter sa beauté. Patrick Norton, qui dit puiser son talent de sa mère, elle-même professeur d’art, envisage de réaliser d’autres tableaux avec pour thème le patrimoine mauricien. Cet ancien étudiant du collège Trinity envisage également de lancer un recueil de poésie.