Depuis que des bateaux de pêche mauriciens sont autorisés à battre pavillon malgache, il devient plus difficile pour les pêcheurs locaux de trouver du travail. Le Syndicat des pêcheurs a remis une lettre au Premier ministre hier, lui demandant de faire cesser cette pratique.
En octobre de l’année dernière, Le Mauricien évoquait le cas de 20 pêcheurs, restés à quai après une rude campagne d’hiver. La compagnie de pêche avait engagé des Malgaches à leur place. Trois mois plus tard, la situation n’a guère évolué. Les pêcheurs de bancs mauriciens sont de plus en plus nombreux à se retrouver au chômage pour cette même raison.
Le Syndicat des Pêcheurs a tenu deux manifestations hier devant l’Assemblée nationale et le ministère de la Pêche, pour protester contre cet état de choses. Une lettre a été envoyée au Premier ministre pour lui demander de déléguer un Senior minister qui serait à l’écoute de leurs doléances. « Les pêcheurs de bancs ne sont pas nombreux et on ne peut continuer à accorder des facilités aux bateaux de pêche qui ne respectent pas leurs engagements envers le pays », souligne Judex Ramphul, président du Syndicat des Pêcheurs.
Il faut savoir que depuis un certain temps, des bateaux de pêche mauriciens, avec des propriétaires mauriciens, sont autorisés à battre pavillon malgache. Ce qui leur donne le droit de recruter des malgaches pour leur campagne de pêche. Pour le syndicat des pêcheurs, leur intérêt se situe autour de la main-d’oeuvre bon marché à Madagascar. Toutefois, ces bateaux mauriciens battant pavillon malgache viennent débarquer leurs cargaisons à Maurice. « Pourquoi ne vendraient-ils pas leurs poissons à Madagascar ? », se demande Judex Ramphul dans sa lettre au Premier ministre.
Du côté du ministère de la Pêche, on a laissé entendre au Mauricien que la pratique de permettre aux bateaux mauriciens de battre pavillon malgache est autorisée, du moment qu’ils respectent les conditions nécessaires pour l’obtention d’un fishing permit. Mais le Syndicat des pêcheurs ne veut pas en rester là. L’intervention du Premier ministre est réclamée dans cette affaire.