La violence domestique est un problème de plus en plus fréquent à Maurice. C’est dans l’optique d’avertir les citoyens que la Charles Telfair Institute (CTI), en collaboration avec l’Australian High Commission, l’ambassade américaine et le ministère de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être familial, a organisé une table ronde sur le sujet.
« Une femme sur trois à travers le monde est ou a été abusée », selon les statistiques présentées par Susan Coles, de l’Australian High Commission. Ce chiffre représenterait plus d’un milliard de personnes. Une femme sur trois en Australie a été victime de violence conjugale, qui serait la cause principale de la mort des australiennes. À Maurice, selon les chiffres présentés par Mme Bhunjun, du ministère de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être familial, quelque 775 cas de violence domestique ont été enregistrés au Family Suport Bureau pour la période de janvier à mai de cette année.
La violence envers les femmes serait l’une des plus grandes violations des droits humains, touchant les femmes de tout âge et de toute culture, surtout les femmes de communautés marginalisées. Malgré les progrès qui ont été accomplis durant les dix dernières années, selon Susan Coles, de nouvelles dimensions de la violence envers les femmes se font sentir, ce qui inclu la traite des femmes ainsi que le « labour exploitation of women and girls ». La violence envers les femmes affecterait non seulement les droits humains, mais aurait également des conséquences sur les familles et communautés.
Maurice, selon Shari Villarosa, de l’ambassade américaine, serait de plus en plus consciente du problème de violences domestiques, qui n’est plus considérée comme un « hidden crime ». « Les lois protégeant les personnes contre la violence domestique ont été renforcées et la police est plus active. Mais il y a encore beaucoup à faire », déclare la représentante américaine. En effet, le pays manquerait même d’abris pour protéger les familles des abus et de personnes qualifiées pour assister ces personnes victimes d’abus, affirme cette dernière.
Le gouvernement jouerait un grand rôle dans les cas de violences domestiques. La violence domestique aurait en outre un impact direct sur la politique, la société et l’économie d’un pays. Et les orateurs de rappeler que le gouvernement a pour objectif « d’expliquer aux citoyens du pays que les cas de violences domestiques doivent être pris en considération avec beaucoup de professionnalisme, de sensibilité et de sérieux ». Shari Villarosa estime donc que le gouvernement devrait pouvoir faciliter la tâche des victimes qui essayent de rapporter les cas d’abus et faire en sorte que les « perpetrators of violence » soient punis pour leur crime.
« I hear about the CSR funds, but they appear to be directed to other priorities; why is that ? Why isn’t domestic violence a priority for CSR funding in Mauritius ? » s’interroge Shari Villarosa. Pour cette dernière, ce n’est que lorsque le gouvernement agira que les personnes seront convaincues que la violence domestique ne sera plus tolérée dans le pays.
Tina Edwards, de l’Australian Northern Territory Police a pour sa part insisté sur le fait que « the safety and well being of victims, children and other persons affected by domestic & family violence is our highest priority ». Cette dernière expliquait comment son équipe traite le sujet de la violence domestique. Elle a parlé aussi du “White Ribbon”, qui est une des plus grandes campagnes au monde, dirigée par des hommes pour mettre fin à la violence des hommes envers les femmes. Cette campagne travaille sur des préventions primaires incluant la mise en garde et l’éducation.