Chaque tombe du cimetière de Pamplemousses raconte une histoire. Certaines remontent à la colonisation française et d’autres nous emmènent même jusqu’en Europe. Venu pour s’occuper de l’entretien des lieux, il y a 17 ans, Raymond Govart s’est fait le gardien de ce pan du patrimoine mauricien. Ce retraité français ramène à la vie des histoires et des anecdotes du passé à l’intention des nombreux visiteurs qui arpentent les lieux. La visite prend alors une autre dimension…
C’est presque la fin de la “visite guidée”. Encore deux ou trois tombes à montrer et Monsieur Raymond aura dévoilé la richesse de cet espace, qui constitue un inestimable trésor, chargé d’anecdotes et de souvenirs. Cette étape est incontournable à ses yeux. Le fringant Français, désormais nationalisé Mauricien, a fait cette découverte lorsqu’il a débroussaillé cette partie du cimetière située non loin de l’entrée et quand il a nettoyé la pierre rectangulaire qui était masquée. Sous cette pierre tombale, taillée dans le basalte, repose le corps de Jean Dominique Ariet, curé de la paroisse de Pamplemousses, décédé le 22 juillet 1748. Il avait alors 32 ans (il est né en 1716). La 300e année de sa naissance, ce sera en 2016. Pour l’occasion, M. Raymond y organisera une cérémonie. Il n’a aucun doute à ce sujet : le curé Jean Dominique Ariet est le plus âgé des défunts qui reposent au cimetière de Pamplemousses. Nul autre que M. Raymond ne pouvait affirmer cela. Arpentant les lieux presque quotidiennement depuis 17 ans, il en connaît tous les coins et recoins. Aucune tombe n’a de secret pour lui.